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	<title>L&#039;actualité du PS</title>
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	<description>Reportages, interviews, analyses et débats.</description>
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		<title>Les voeux de Martine Aubry pour l&#8217;année 2010</title>
		<link>http://actus.parti-socialiste.fr/2009/12/31/les-voeux-de-martine-aubry-pour-lannee-2010/</link>
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		<pubDate>Thu, 31 Dec 2009 14:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vie politique]]></category>

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		<description><![CDATA[La première secrétaire du Parti Socialiste présente ses voeux aux Français pour l&#8217;année 2010. Vous aussi, envoyez vos voeux avec la carte de voeux électronique du Parti socialiste.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La première secrétaire du Parti Socialiste présente ses voeux aux Français pour l&rsquo;année 2010.<br />
</p>
<p><a href="http://www.parti-socialiste.fr/voeux2010/new.php">Vous aussi, envoyez vos voeux avec la carte de voeux électronique du Parti socialiste.</a></p>
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		<title>Quand le candidat Sarkozy promettait la fin des morts dans la rue</title>
		<link>http://actus.parti-socialiste.fr/2009/12/23/quand-le-candidat-sarkozy-promettait-la-fin-des-morts-dans-la-rue/</link>
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		<pubDate>Wed, 23 Dec 2009 16:57:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Logement - Transport]]></category>

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		<description><![CDATA[«Je veux que d&#8217;ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d&#8217;y mourir de froid», promettait le candidat Sarkozy dans un discours en décembre 2006. Il ajoutait même que «le droit à l&#8217;hébergement, c&#8217;est une obligation humaine». Plus de 330 SDF sont morts dans la rue en 2009. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«Je veux que d&rsquo;ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d&rsquo;y mourir de froid», promettait le candidat  Sarkozy dans un discours en décembre 2006. Il ajoutait même que «le droit à l&rsquo;hébergement, c&rsquo;est une obligation humaine». Plus de 330 SDF sont morts dans la rue en 2009.<span id="more-885"></span></p>

<p>Trois années ont passé depuis cette promesse, retrouvée ces derniers jours par le blog <a href="http://www.intox2007.info/index.php?post/2009/12/16/Il-y-a-3-ans-%3A-Sarkozy-%3A-Zero-SDF-dehors" target="_blank">Intox 2007</a>. Aussi bien <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20091223.FAP9440/marseille_un_sdf_de_50_ans_retrouve_mort_de_froid.html" target="_blank">les articles de presse</a> que les chiffres du collectif <a href="http://www.mortsdelarue.org/index.html" target="_blank">Morts de la rue</a> mesurent la faillite de l&rsquo;objectif annoncé par le futur chef de l&rsquo;Etat. Entre le 9 et le 19 décembre, le collectif a <a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/vivre-la-rue-tue/article/211209/alain-pascal-moussa-sarah-12-deces-de-personnes-sdf-app">recensé</a> la mort d&rsquo;au moins treize personnes. Au total, pour l&rsquo;année 2009, <a href="http://www.mortsdelarue.org/index.php?page=listes" target="_blank">plus de 330 SDF</a> sont morts dans la rue.</p>
<p>Or, dans le budget 2010, il n&rsquo;y pas de revalorisation des aides. Parallèlement, la ligne budgétaire dédiée au financement de la construction de logement locatif social baisse de 15,3 % , <a href="http://logement.parti-socialiste.fr/2009/12/03/budget-logement-2010-l%e2%80%99imposture-du-plan-apparu/" target="_self">comme l&rsquo;observait Nathalie Perrin-Gilbert</a>, secrétaire nationale au Logement.</p>
<p>En partenariat avec le site Mediapart, Morts de la rue réalise une carte qui recense tous les sans-domicile-fixe qui ont perdu la vie dans la rue. Une manière de rendre compte de l&rsquo;ampleur du phénomène. Et de voir à quel point le chef de l&rsquo;Etat a si peu fait pour tenir sa promesse:<br />
<a href="http://logement.parti-socialiste.fr/" target="_blank"><strong>&gt;&gt; Suivez l&rsquo;actualité de la politique du logement sur le blog de la secrétaire nationale </strong><strong>Nathalie Perrin-Gilbert</strong></a></p>
<p><strong>EJ</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Pour s&#8217;inscrire sur les listes électorales, c&#8217;est jusqu&#8217;au 31 décembre !</title>
		<link>http://actus.parti-socialiste.fr/2009/12/22/pour-sinscrire-sur-les-listes-electorales-cest-jusquau-31-decembre/</link>
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		<pubDate>Tue, 22 Dec 2009 08:48:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vie politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Photo Flickr CC/ Pierre-Alain Dorange Vous venez d&#8217;avoir 18 ans? Ou bien vous les aurez avant le premier tour des élections régionales, le 14 mars 2010 ? Vous n&#8217;êtes pas encore  inscrit sur les listes électorales? Ils vous reste donc jusqu&#8217;au 31 décembre inclus pour le faire et pouvoir voter aux élections.Pour s&#8217;inscrire, il vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><img class="aligncenter size-full wp-image-871" src="http://actus.parti-socialiste.fr/files/vote.jpg" alt="" width="425" height="120" /><em>Photo Flickr CC/ Pierre-Alain Dorange</em></p>
<p>Vous venez d&rsquo;avoir 18 ans? Ou bien vous les aurez avant le premier tour des élections régionales, le 14 mars 2010 ? Vous n&rsquo;êtes pas encore  inscrit sur les listes électorales? Ils vous reste donc jusqu&rsquo;au 31 décembre inclus pour le faire et pouvoir voter aux élections.<span id="more-869"></span>Pour s&rsquo;inscrire, il vous suffit de vous rendre dans votre mairie avec:</p>
<p>- Le formulaire d&rsquo;inscription sur les listes que <a href="http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/elections/comment_voter/inscription-sur-listes/downloadFile/attachedFile/formulaire_cerfa_francais.pdf" target="_blank">vous pouvez télécharger ici</a>.<br />
- Une pièce d&rsquo;identité en cours de validité: passeport, carte d&rsquo;identité, permis de conduire.<br />
- Soit un justificatif de domicile ou de résidence dans la commune ou un justificatif d’inscription au rôle des impôts locaux depuis plus de 5 ans. Si vous habitez chez vos  parents, vous devrez fournir une attestation des parents établie sur papier libre, certifiant qu’il habite chez eux, et un justificatif de domicile des parents.</p>
<p><a title="Le blog de Michel Vauzelle" href="http://www.michel-vauzelle.fr/" target="_blank">Michel Vauzelle</a>, président de la région Provence-Alpes-Côtes d&rsquo;Azur et tête de liste socialiste pour <a title="Les régions qu'on aime, le site de campagne des socialistes pour les régionales" href="http://www.lesregionsquonaime.fr/" target="_blank">les élections de mars 2010</a>, a posté une vidéo pour inciter les jeunes à s&rsquo;inscrire sur les listes électorales:</p>
<div style="text-align: center"><object width="480" height="275" data="http://www.dailymotion.com/swf/xbinnk&amp;related=0" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/xbinnk&amp;related=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object></div>
<div><strong>EJ</strong></div>
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		<title>Martine Aubry sur France Inter le 9 décembre 2009</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Dec 2009 09:15:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vie politique]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
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		<title>Congrès du PSE en direct de Prague</title>
		<link>http://actus.parti-socialiste.fr/2009/12/07/congres-du-pse-en-direct/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 09:18:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[International - Europe]]></category>

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		<description><![CDATA[Veuillez noter qu’il s’agit d’une interprétation simultanée en direct. Par conséquent, elle ne peut être totalement exacte ni rendre toute la subtilité de chaque phrase. Suivez le congrès sur le site du PSE Martine Aubry doit intervenir devant le congrès le lundi matin au congrès du PSE à Prague. Elle doit rencontrer avec Jean-Christophe Cambadélis, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="congress2009" style="text-align: left">
<p><em>Veuillez noter qu’il s’agit d’une interprétation simultanée en direct. Par conséquent, elle ne peut être totalement exacte ni rendre toute la subtilité de chaque phrase.</em></p>
<p><a href="http://pes.org">Suivez le congrès sur le site du PSE</a></p>
<p>Martine Aubry doit intervenir devant le congrès le lundi matin au congrès du PSE à Prague. Elle doit rencontrer avec Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national à l’Europe et à l’International, plusieurs dirigeants de la social-démocratie européenne.</p>
<p>La délégation socialiste, avec 23 membres, sera une des plus importantes du congrès du PSE. Lors de ce congrès qui doit fixer la feuille de route des sociaux-démocrates pour les années qui viennent, les socialistes proposeront que le PSE travaille à une déclaration de principes et qu’il inscrive dans ses statuts la désignation de son candidat à la présidence de la prochaine Commission européenne.</p>
<p>Par ailleurs, plus de cent militants socialistes français seront présents à Prague lors de ce congrès.</p></div>
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		<title>Sommet de Copenhague 2009</title>
		<link>http://actus.parti-socialiste.fr/2009/12/01/sommet-de-copenhague-2009/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2009 15:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Environnement - Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[International - Europe]]></category>

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		<description><![CDATA[Bureau national du 1er décembre 2009 Lors du prochain Sommet de Copenhague du 7 au 18 Décembre 2009, 15e Conférence de la Convention Climat, la communauté internationale se trouve dans la situation de préparer les termes d’un accord pour lutter contre le changement climatique, capable de prendre la suite du protocole de Kyoto. Cette note [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Bureau national du 1er décembre 2009</strong></p>
<p style="text-align: justify">Lors du prochain Sommet de Copenhague du 7 au 18 Décembre 2009, 15e Conférence de la Convention Climat, la communauté internationale se trouve dans la situation de préparer les termes d’un accord pour lutter contre le changement climatique, capable de prendre la suite du protocole de Kyoto.<br />
Cette note présente les enjeux globaux (historique, acteurs, objectifs, négociations) autour de Copenhague.</p>
<p><strong><a title="Les enjeux de Copenhague 2009" href="http://www.box.net/shared/static/0u81tuu6ek.pdf">Télécharger la note d&rsquo;analyse du PS sur Copenhague</a></strong></p>
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		<title>Tribune &#8211; Martine Aubry : “Conduisons une offensive de civilisation ! C’est nécessaire et possible”</title>
		<link>http://actus.parti-socialiste.fr/2009/12/01/martine-aubry-offensive-civilisation-necessaire-possible/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2009 14:56:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Environnement - Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[International - Europe]]></category>

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		<description><![CDATA[LE MONDE &#124; 27.08.09 &#124; L’insupportable surenchère des rémunérations des traders a repris au coeur de l’été, comme si de rien n’était. Le capitalisme financier n’est pas moralisable par des bons sentiments, et poursuit sa route. La crise la plus violente depuis 1929 laisse le “système” insensible et inchangé. Une société n’est durable que si [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://danslapresse.parti-socialiste.fr/files/2009/06/lemonde.gif" alt="" /><br />
LE MONDE | 27.08.09 |</p>
<p>L’insupportable surenchère des rémunérations des traders a repris au coeur de l’été, comme si de rien n’était. Le capitalisme financier n’est pas moralisable par des bons sentiments, et poursuit sa route. La crise la plus violente depuis 1929 laisse le “système” insensible et inchangé. Une société n’est durable que si elle se dote de règles justes, acceptables par une majorité de citoyens. C’est vrai pour les salaires, l’impôt ou les retraites. Ce que nous vivons en France ne relève plus de cette acceptation collective.</p>
<p>Ceux qui s’interrogent sur l’avenir du Parti socialiste devraient consacrer un temps au moins égal à dénoncer l’impasse du néolibéralisme, ses manquements et ses absurdités accumulés au cours des deux dernières décennies. Ce n’est pas un simple bug, c’est une société en panne de valeurs, de cohérence et de promesses. Cette société incontrôlable fait peur.</p>
<p>Le moment viendra vite où la gauche devra produire un programme de gouvernement, concret et solidement charpenté. Mais ne cédons pas au piège : les dérèglements que nous combattons ne sont pas de ceux qu’une bonne gestion de court terme ou des aménagements à la marge peuvent enrayer. Notre pays, notre planète traversent de fortes turbulences qui détruisent les repères. Pour retrouver de vrais progrès, il faudra à la France de l’imagination, du courage et le retour de valeurs souvent occultées ces dernières années.</p>
<p>Aujourd’hui, je crois nécessaire et possible une offensive de civilisation. Sans un projet de société qui nous réarme sur tous les terrains, qui redonne le goût du dépassement de soi, les luttes les plus ardentes, parcellisées, seront conduites dans l’impasse. Pour écrire ce projet avec les Français, nos valeurs sont précieuses. C’est “l’outillage mental” dont parlait Fernand Braudel.<span id="more-799"></span></p>
<p>Je considère, pour ma part, que la panne de civilisation tient aussi à l’abandon des valeurs, à droite et parfois à gauche.</p>
<p>Comment changer la vie des Français si nous devenons orphelins de nos rêves ? L’égalité s’est vue réduite dans son ambition, la justice ne guide pas l’action publique, l’émancipation des individus que réclamait déjà Jean Jaurès se mue trop souvent en sacre des égoïsmes, l’intérêt général a cédé devant l’exploitation sans limites de la planète et les exigences du marché. Pour la gauche, en France et en Europe, si ce sont là des slogans creux, notre flamme commune s’éteindra. Si ces valeurs nous guident dans nos choix, les citoyens s’y reconnaîtront et la confiance reviendra.</p>
<h3>REBÂTIR LES PROTECTIONS COLLECTIVES</h3>
<p>Je revendique, comme horizon de ce nouveau modèle de développement, une civilisation de la dignité. “La société décente”, depuis Orwell, est celle qui n’humilie pas les personnes. Une réponse globale à la question sociale doit être reconstruite.</p>
<p>L’explosion simultanée de la précarité et des rémunérations les plus extrêmes constitue l’une des humiliations les plus brutales. Pour refuser les bonus et les stock-options, la loi doit agir. Pour la défense des salariés, “répartir mieux pour sécuriser l’emploi et mobiliser chacun” est une règle forte et juste qui gagnerait à s’appliquer dans ces entreprises dont la cohésion devient impossible à préserver. La faiblesse des salaires et la précarité du contrat de travail sont une cause et pas seulement une conséquence de la crise. J’invite à réécrire ce pacte social que la France a perdu.</p>
<p>Nous devons, comme l’analyse si bien Robert Castel, rebâtir les protections collectives dans “une société d’individus”. Nous en avons les premiers outils, avec la sécurité sociale professionnelle, pour permettre la progression de chacun dans la vie au travail et pour éviter le chômage sans activité. Généraliser les possibilités de formation, de reconversion ou d’actions d’intérêt collectif: ce chantier est demain, pour le monde du travail, à l’échelle de ce que furent l’école sous la IIIe République et la Sécurité sociale à la Libération.</p>
<p>Oui, le besoin de puissance publique s’affirme plus que jamais nécessaire pour se donner les moyens d’une nouvelle ambition économique et industrielle en France comme en Europe, pour remobiliser un potentiel universitaire et de recherche désespéré et abîmé par une réforme autoritaire, pour moderniser les grands réseaux stratégiques. Mais aussi pour participer à la sortie de crise des filières industrielles, relocaliser en France des activités et préparer celles du futur, ou bousculer les archaïsmes de nombre de sociétés du CAC40.</p>
<p>A quand les conseils d’administration ouverts aux travailleurs et à la parité femmes/hommes ? A quand le devoir d’information et le pouvoir de décision des salariés dans les comités de rémunération ? L’urgence est à réinventer l’action publique, contre les pesanteurs. Un seul exemple: nous avons à faire évoluer vigoureusement notre système de santé vers la médecine préventive et prédictive. Il s’agit d’inventer un Etat capable de prévoir et d’agir à temps, et non plus seulement de réparer a posteriori des inégalités incurables.</p>
<p>Or le cours actuel de la politique française ne produit pas de vrais progrès tant il s’appuie sur de fausses réformes et la recherche de boucs émissaires. Voilà pourquoi, à défaut, le gouvernement actuel poursuit sa croisade contre… le “péril migratoire”. Ce qui mine notre République, ce sont les ghettos auxquels on ne s’attaque pas et les humiliations que subissent les migrants, enfants compris. La France qu’on aime demande la dignité pour tous, elle n’accepte pas la xénophobie.</p>
<h3>ASSUMER L’EXIGENCE SOCIALE (BIEN VIVRE) AVEC L’URGENCE ENVIRONNEMENTALE (SURVIVRE)</h3>
<p>A l’enjeu social, qui demeure notre mission historique et la raison même de notre nom de socialistes, s’ajoute désormais une autre responsabilité, de celles qui font réussir ou échouer une civilisation. Le socialisme d’avant avait construit son idéal de progrès durant des cycles d’expansion et d’exploitation. Le socialisme d’aujourd’hui doit amortir un autre choc : une croissance en panne sur une planète dont l’épuisement menace l’existence même.</p>
<p>C’est le grand défi de la gauche du XXIe siècle : assumer en même temps l’exigence sociale (bien vivre) avec l’urgence environnementale (survivre). Nous devons passer de la simple prise de conscience écologique à une offensive radicale, intellectuelle et politique pour concevoir une croissance écologique et solidaire.</p>
<p>Nous n’en sommes plus à découvrir les sinistres marées d’algues provoquées par l’agriculture intensive, la déforestation au Sud ou le droit à l’eau bafoué sur tous les continents. Agir, c’est mieux. Bien amorcée dans les villes, départements, régions où nous menons des programmes concrets et appréciés pour les énergies renouvelables, la biodiversité ou les transports propres, la mutation écologique du Parti socialiste doit s’accélérer. Notre agenda “vert” nous permettra d’être présents dans les prochains rendez-vous, qu’il s’agisse du débat sur la contribution climat-énergie (notre proposition est sur la table !) ou du sommet de Copenhague.</p>
<p>Mais il faut aller plus vite et plus loin. La “croissance verte”, technologique et marchande, ne suffira pas. L’éco-conditionnalité doit irriguer les politiques publiques, de même que la clause social est indispensable pour rendre acceptables les futures fiscalités écologiques.</p>
<p>Le nouveau modèle réclame la régulation puissante de l’Europe, et une remise en cause des indicateurs de la croissance eux-mêmes. Il repose sur une transformation des manières de produire. Le postproductivisme ne consiste pas à renoncer à produire, mais à définir une croissance sélective pour produire utile, sobrement et proprement. Désormais, nous savons que l’abondance n’est pas synonyme de bonheur. Le nouveau modèle exige un profond changement dans la manière d’équiper nos villes, d’habiter, de consommer et de se déplacer. La révolution numérique, qui est “notre” révolution industrielle, peut aussi servir cette cause.</p>
<p>Depuis longtemps, mon engagement, nourri par la proximité que permet le quotidien d’une ville comme Lille, m’a conduite à écouter ceux qui agissent pour une société du mieux-être. Dans la France qu’on aime devons-nous passer à côté d’aspirations essentielles, qui ne se résument pas à la possession de marchandises ? Il nous est permis de lancer ce questionnement sur un avenir postmatérialiste. Nous y avons souvent répondu, à gauche, en défendant la culture, la laïcité, la mixité, l’émancipation par l’éducation. Dans une société du mieux-être, les services publics personnalisés de demain seront ceux qui sauront écouter chaque personne, éviter les traitements anonymes, respecter le principe d’égalité et les besoins de chacun.</p>
<p>Mais cette société exige aussi de développer de nouvelles solidarités concrètes et collectives, indispensables à une société du souci de l’autre, du soin et de la responsabilité. A côté des temps de travail existent des temps et des lieux pour les liens sociaux, amicaux, familiaux, culturels et sportifs. Notre combat contre le travail du dimanche s’en inspire. A l’individualisme défendu par ce que le capitalisme a de pire, nous répondons par plus d’humanité.</p>
<h3>CHANGER PROFONDÉMENT LES PRATIQUES AU SEIN DE NOTRE PARTI</h3>
<p>Rien de tout cela ne sera possible sans une pensée et des forces en mouvement. J’ai invité les socialistes à renouer avec les intellectuels, les chercheurs qui analysent la société, les “innovateurs du quotidien” qui réussissent en grand nombre des transformations locales et concrètes. Que tous ceux qui le souhaitent rejoignent cette mobilisation de l’intelligence collective, sans allégeance, pour une confrontation utile et sans complaisance.</p>
<p>Il n’y aura pas d’alternative sans alternance ni d’alternance à gauche sans un PS rayonnant, porteur d’idées et profondément rénové. J’ai accepté d’animer la direction du Parti socialiste pour mener de pair la refondation de nos idées et la refondation de notre parti. Réinventer la démocratie, c’est notamment entendre la parole des citoyens : c’est tout le sens du tour de France que nous engageons pour débattre avec les Français de la société dans laquelle ils souhaitent vivre.</p>
<p>Réinventer la démocratie, c’est changer profondément les pratiques et les règles politiques au sein de notre parti, notamment sur le non-cumul des mandats et sur l’organisation de primaires ouvertes pour la désignation de notre candidat.</p>
<p>C’est un PS porteur de valeurs et d’idées, modernisé dans son fonctionnement, qui doit s’ouvrir à toute la gauche. Le projet précédera les alliances, c’est incontournable. Notre manière responsable d’affronter ensemble ces enjeux de civilisation cimentera le socle de la “maison commune”. La gauche, dans sa diversité, a de l’imagination et de l’énergie à partager avec les Français. Alors, nous saurons faire partager l’espérance.</p>
<p><strong>Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste.</strong></p>
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		<title>Point de vue &#8211; Pour une nouvelle gouvernance mondiale, par Bertrand Delanoë</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2009 14:54:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Environnement - Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[International - Europe]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour une nouvelle gouvernance mondiale, par Bertrand Delanoë Point de vue LE MONDE &#124; 25.08.09 &#124; Le monde a perdu ses repères. Il y eut un modèle collectiviste : on sait où il a mené ceux qui, de gré ou de force, l’ont subi. Quant au modèle capitaliste, la crise en a révélé les dérives [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Pour une nouvelle gouvernance mondiale, par Bertrand Delanoë</em></p>
<p><img src="http://danslapresse.parti-socialiste.fr/files/2009/06/lemonde.gif" alt="" /><br />
<strong>Point de vue<br />
LE MONDE | 25.08.09 |</strong></p>
<p>Le monde a perdu ses repères. Il y eut un modèle collectiviste : on sait où il a mené ceux qui, de gré ou de force, l’ont subi. Quant au modèle capitaliste, la crise en a révélé les dérives les plus insupportables, déstabilisant l’économie de la planète et surtout ses peuples. Or, faute de valeurs et de références, c’est le vide qui l’emporte. Ou le fanatisme religieux. Ou l’alliance nihiliste entre le capitalisme économique et la dictature politique. Ce monde tourneboulé est la proie de toutes les menaces. La fin des empires aurait pu engendrer un ensemble plus équilibré et plus harmonieux : il n’en est rien. Le terrorisme vient frapper les démocraties au coeur de leurs villes. Et l’enjeu du nucléaire n’est plus la dissuasion, c’est-à-dire la paix par la peur, mais la prolifération, et à travers elle, la «privatisation» de la menace.</p>
<p>L’enjeu est là : redéfinir un cadre, des règles, des instruments qui dessinent un avenir à ce XXIe siècle naissant, en se fondant sur le réel et en y associant tous ses acteurs. <span id="more-805"></span>Le président brésilien Lula use d’une expression pour résumer ce défi : «Les dirigeants politiques doivent faire un saut qualitatif et ne plus répéter les erreurs du XXe siècle.» Dans cette optique, la France a assurément un message à porter, qui puise dans ses valeurs les plus profondes, à commencer par un attachement indéfectible à l’universalité des droits de l’homme.</p>
<p>Car si la régulation dont le monde a besoin est d’abord politique, cet impératif doit aller de pair avec une exigence éthique. Cela ne signifie pas qu’il ne faille dialoguer qu’avec quelques pays triés sur le volet ; pour reprendre la formule de François Mitterrand, «si les diplomates ne devaient discuter qu’avec des parangons de vertu ils auraient beaucoup de temps libre». Mais il était par exemple totalement contestable de participer à la conférence de Genève, dite «Durban II» au cours de laquelle les démocraties furent appelées à comparaître devant les dictatures, en vertu de critères définis par celles-ci.</p>
<p>Quel peut être l’instrument de cette régulation politique mondiale, dédiée à un monde plus attentif aux faibles, mieux organisé face aux périls, et plus apte à répartir équitablement les richesses ? L’ONU, qui ne compte que 88 démocraties sur les 195 Etats de son Assemblée générale, doit être réformée dans la fidélité à sa mission historique, une ambition humaniste au service de la paix, de la sécurité et du progrès des peuples.</p>
<p>Mais, cette perspective demeurant hypothétique, les démocraties ont, ensemble, un rôle éminent à jouer. C’est assurément le cas de l’Union européenne qui doit viser un rôle majeur dans la diplomatie globale, notamment par un dialogue constructif avec la nouvelle Amérique de Barack Obama. Le préalable, c’est qu’elle sache parler d’une seule voix, ce qui suppose de construire l’Europe politique, avec une vraie diplomatie commune, et un ministre des affaires étrangères de l’Union.</p>
<p>Cela entraînera évidemment des transferts de souveraineté. La première étape devrait être une représentation commune de l’Union au FMI, comme il y a un négociateur commun à l’OMC. Car cette régulation politique est la clé qui, seule, rendra possibles d’autres avancées décisives, en particulier la régulation économique et sociale de notre planète. Dans Un autre monde, paru en 2006, Joseph Stiglitz dénonce à juste titre un «système vicié de gouvernance mondiale». La crise financière l’illustre en effet : le fanatisme du marché ne sera jugulé que par des institutions capables d’installer des garde-fous et d’organiser une juste redistribution.</p>
<p>Le renforcement du rôle du FMI et de la Banque mondiale va dans ce sens, même s’il est insuffisant. Comment prétendre, par exemple, se référer aux objectifs du millénaire en matière de développement, de santé ou d’éducation, sans dispositifs efficients ? Comment aborder le défi si complexe de l’immigration mondiale, sans un haut niveau de coordination des politiques nationales, voire continentales ?</p>
<p>Là encore, le président Lula estime à raison que le G8 a vécu, et qu’il convient de lui substituer le G20, beaucoup plus représentatif. Cette piste pourrait même conduire à intensifier le fonctionnement de ce groupe à travers une instance permanente qui lui serait rattachée et qui impliquerait désormais les ministres de l’économie et les représentants des différentes banques centrales.</p>
<p>De même, alors que seule l’Afrique du Sud est membre à part entière du G20, la France devrait proposer d’y associer systématiquement l’Union africaine, dans un partenariat mondial inédit.</p>
<p>Un sujet illustre, précisément, la pertinence d’une action globale nullement limitée aux seules nations riches : celui du développement durable. Il est donc urgent de jeter les bases d’une régulation écologique. Or, en la matière, la conclusion du sommet du G8 à L’Aquila (Italie), en juillet, n’est pas rassurante. Certes, les situations très différenciées selon les pays rendent difficiles le compromis. Mais l’enjeu nécessite à la fois ambition et clarté des choix, là où l’ambiguïté demeure.</p>
<p>En effet, d’un côté, les décideurs mondiaux, unanimes, ont fixé à deux degrés la hausse limite de la température terrestre d’ici à la fin du siècle. Au-delà, il est vrai, l’impact sur l’écosystème menacerait la survie même de l’homme. Mais de l’autre, aucun engagement précis n’a été pris sur les baisses de CO2 d’ici à 2020, contrairement à ce que souhaitaient légitimement les pays émergents, avant d’arrêter leurs propres objectifs.</p>
<p>Ce clivage confirme qu’en décembre, lors du sommet de Copenhague, il faudra arrêter des seuils stricts de réduction des émissions, prévoir des dispositifs juridiques contraignants, et fixer un calendrier. Il importera aussi que les gouvernements acceptent de réorienter leurs stratégies industrielles, en donnant priorité à la recherche et à l’innovation au service des écotechnologies. S’y ajoute la nécessité d’engagements précis des pays les plus riches à l’égard des plus pauvres, y compris par des transferts de connaissance sans lesquels le «décarbonage» des économies mondiales demeurera illusoire.</p>
<p>L’avenir du monde repose plus que jamais sur une vertu fondamentale : la solidarité. Entre le cynisme d’une realpolitik réduisant la diplomatie à sa dimension commerciale ou à la gestion d’un rapport de force, et l’angélisme destructeur, il reste un chemin.</p>
<p>Celui des valeurs, de la responsabilité et de l’efficacité sur les vrais défis de l’époque. Telle pourrait être la voix de la France, si elle sait parler à nouveau le langage que le monde a appris à aimer d’elle.</p>
<p><strong>Bertrand Delanoë,  maire (PS) de Paris.</strong></p>
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		<title>Point de vue &#8211; Pour une régulation assumée et efficace de l’économie mondiale, par Laurent Fabius</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2009 14:52:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Environnement - Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[International - Europe]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour une régulation assumée et efficace de l’économie mondiale, par Laurent Fabius LE MONDE &#124; 09.02.09 Point de vue Début avril, se réunira à Londres le G20 chargé de répondre sur le fond à la gigantesque crise actuelle. Jusqu’ici les Etats ont surtout acheté du temps à coups de milliards et d’endettement public. Depuis le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Pour une régulation assumée et efficace de l’économie mondiale, par Laurent Fabius</em></p>
<p><img src="http://danslapresse.parti-socialiste.fr/files/2009/06/lemonde.gif" alt="" /><br />
LE MONDE | 09.02.09<br />
<strong>Point de vue</strong></p>
<p>Début avril, se réunira à Londres le G20 chargé de répondre sur le fond à la gigantesque crise actuelle. Jusqu’ici les Etats ont surtout acheté du temps à coups de milliards et d’endettement public. Depuis le précédent sommet, à Washington en novembre 2008, plusieurs signes graves de craquements nouveaux sont intervenus : au plan mondial, la détérioration des économies émergentes ; en Europe, les menaces grandissantes contre le bouclier qu’est l’euro, en raison des situations et des stratégies divergentes des Etats membres ; et partout la montée des licenciements, des faillites, du chômage, de la pauvreté.</p>
<p>Il reste deux mois pour essayer de sauver l’économie mondiale. Je regrette que le président de la République, qui a eu récemment l’occasion de s’exprimer, soit resté trop allusif sur ces aspects essentiels. La France et si possible l’Europe doivent proposer pour le sommet de Londres des solutions au moins sur quatre points cardinaux.</p>
<p>D’abord, le G20 doit reconnaître clairement que nous avons besoin d’une régulation assumée et efficace. Contrairement au credo libéral cette crise n’est pas un simple accident, elle est née d’un mélange systémique de cupidité, de complexité et de conflictualité. La cupidité s’est illustrée par l’exigence de rendements financiers déconnectés de la croissance réelle de l’économie, ce qui a engendré une baisse de la rémunération du travail par rapport à celle du capital et une explosion de l’endettement, accompagnée d’une montée des inégalités.<span id="more-810"></span></p>
<p>La situation a été aggravée par l’hypercomplexité des mécanismes financiers imaginés, dont le seul effet limpide a été l’encaissement par les initiés de péages astronomiques auxquels il faut mettre un terme. La conflictualité internationale a porté le coup de grâce : aucune réponse coopérative n’a été apportée face à des questions d’ampleur mondiale telles que le saccage des ressources naturelles, le nouveau défi énergétique ou les déséquilibres commerciaux.</p>
<p>A ce triptyque calamiteux, rendu explosif par la faillite de la Banque Lehman Brothers, il faut parvenir à en substituer un autre : modération, régulation, coordination. La conférence de Londres doit jeter les bases de cette régulation : les fonds spéculatifs qui gèrent près de 2 000 milliards de dollars (1 555 milliards d’euros) doivent être réglementés ; les agences de notation encadrées ; la spéculation sur les matières alimentaires et énergétiques doit être contrée par des mécanismes publics de stabilisation des prix.</p>
<p>Et tout cela, pas seulement dans les mots mais dans les faits. L’absence de plan de relance commun aux Vingt-Sept contribue à aggraver la crise, tirons-en les leçons : j’attends du président français qu’il propose en urgence à l’Union européenne une approche commune sur ces sujets.</p>
<p>Pour être crédible, il est préférable de montrer soi-même l’exemple. Un domaine essentiel est celui des paradis fiscaux, dont on oublie souvent de souligner que la moitié sont situés en Europe. Ils sont scandaleux par l’atteinte qu’ils portent à la justice fiscale et économiquement catastrophiques : ils creusent en effet dans le système international un trou noir qui handicape toute réforme. Puisque des capitaux publics ont été accordés aux banques en France, je souhaite que dès les prochains jours il soit demandé à celles-ci de cesser toute relation avec les paradis fiscaux. Ces derniers n’existent que grâce à la complaisance de quelques grandes nations. Que notre pays s’applique cette règle et propose ensuite, à Londres, aux membres du G20 de la suivre : nous aurons alors plus de poids pour convaincre les autres de changer la donne.</p>
<p>Le troisième champ d’action concerne la gouvernance mondiale. Pendant des décennies, l’autorégulation a été célébrée dans les milieux dirigeants comme une grande idée. C’est en réalité une grande tromperie. Une gouvernance mondiale est indispensable et l’institution la mieux outillée pour l’assurer est le FMI. Reconnaissons-lui ce rôle, avec les moyens de le remplir. Là-dessus, il semble qu’il y ait en France un consensus possible. Mais cela suppose que les Etats les plus puissants, à commencer par les Etats-Unis et la Chine, acceptent eux aussi une approche réellement multilatérale. La France doit la proposer, d’abord à nos partenaires européens, puis à tous.</p>
<p>A cet égard, deux points-clés seront la lutte contre les manipulations des taux de change et l’adoption d’une taxe mondiale sur le CO2, qui doivent figurer expressément dans nos propositions. Il y a soixante ans, lors de la conférence de Bretton Woods, il suffisait que deux pays, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, s’accordent pour que de nouvelles règles soient mises en place. En avril à Londres, il y aura vingt partenaires autour de la table, et les problèmes à résoudre seront encore plus complexes. C’est là, et non à la télévision, que se jugeront les capacités réelles de convaincre.</p>
<p>Reste l’ultime point cardinal, essentiel, sur lequel le chef de l’Etat a été décevant : le modèle de développement à mettre en oeuvre. La crise a détruit des milliers de milliards de dollars de capital. Historiquement, les réponses à ce genre de dégradation brutale ont été désastreuses : soit la déflation, soit l’hyperinflation, soit même la guerre. Au-delà du sauvetage indispensable des banques et de la relance immédiate qui doit être plus forte que le «plan de recyclage» à la française, la seule réponse acceptable et durable réside dans l’écodéveloppement, la croissance verte, les progrès technologiques qu’ils impliquent. On ne peut pas les souhaiter au plan mondial et les oublier dans nos décisions nationales. L’industrie automobile a encore de beaux jours devant elle si elle fait le choix de l’écoconception des véhicules.</p>
<p>La construction offre des perspectives formidables si les logements et les bâtiments de nos villes deviennent économes en énergie, ce qui implique des financements suffisants. Les collectivités locales doivent être mises en situation d’y contribuer plutôt que ponctionnées. Même chose pour les transports, la santé ou l’agroalimentaire. La recherche, la formation, l’innovation, l’investissement doivent être encouragés en direction de l’écodéveloppement. Or cela, au-delà des discours, n’est pas fait assez en France.</p>
<p>Dans l’immédiat, les Etats-Unis vont aggraver leurs déficits jumeaux pour les besoins de leur relance, mais il faudra bien ensuite, notamment par une redistribution interne des revenus, qu’ils acceptent de financer eux-mêmes une grande part de leur développement. La Chine veut maintenir son excédent commercial par tous les moyens, mais il faudra bien qu’à son tour elle renforce son marché intérieur en améliorant sa protection sociale. Insuffisance d’épargne d’un côté, excès d’épargne de l’autre, avec de lourdes conséquences financières, économiques, commerciales, sociales : c’est ce déséquilibre aussi qu’il faudra réduire.</p>
<p>Sans jamais oublier que le renflouement des institutions financières ne dispensera pas de financer le développement et que les régions pauvres du globe constituent un champ de progrès immense. La conférence de Londres devra répondre à toutes ces questions. Notre pays peut y apporter une contribution majeure. Le redémarrage économique de long terme passe par une révolution technologique, éducative, écologique et démocratique. La relance immédiate doit la favoriser, non la freiner. Y compris en France.</p>
<p><strong>Laurent Fabius, </strong> ancien premier ministre et ministre de l’économie et des finances.</p>
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		<title>Michel Rocard : “Cessons de martyriser notre avenir”</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2009 14:49:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Environnement - Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[International - Europe]]></category>

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		<description><![CDATA[Michel Rocard : “Cessons de martyriser notre avenir” Telerama, Le 20 novembre 2009 LE MONDE BOUGE &#8211; Soixante ans d’appartenance au socialisme français et toujours aux aguets. Contre les monétaristes, pour l’impératif écologique : l’ex-locataire de Matignon, en mission sur le grand emprunt avec Alain Juppé, dont les conclusions ont été remises hier (35 milliards, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Michel Rocard : “Cessons de martyriser notre avenir”<br />
<strong>Telerama, Le 20 novembre 2009</strong></p>
<p>LE MONDE BOUGE &#8211; Soixante ans d’appartenance au socialisme français et toujours aux aguets. Contre les monétaristes, pour l’impératif écologique : l’ex-locataire de Matignon, en mission sur le grand emprunt avec Alain Juppé, dont les conclusions ont été remises hier (35 milliards, pas un euro de plus, et vive la recherche !), explique haut et fort ses priorités.</p>
<p>Entre deux gauloises et trois rendez-vous, quatre missions et cinq villes, Michel Rocard, 79 ans, carbure. Tous azimuts. Nicolas Sarkozy a enrôlé l’ancien Premier ministre socialiste pour toutes les missions d’urgence – les pôles, la taxe carbone, le grand emprunt&#8230;</p>
<p>Mais lui ne se laisse pas enrôler. Sa pensée est en mouvement, toujours : la crise financière a tué l’idéologie ultralibérale, constate-t-il, mais le cadavre bouge encore. La misère croissante et l’impératif écologique en viendront-ils à bout ? Michel Rocard voit une lueur d’espoir dans la récente attribution du Nobel d’économie à une Américaine, Elinor Ostrom, qui remet au goût du jour l’idéal autogestionnaire&#8230; Une deuxième gauche se réveillerait-elle ?<span id="more-813"></span></p>
<p><strong>La Commission grand emprunt remet son rapport ce jeudi au Président. A droite, certains auraient voulu l’emprunt plus important ; à gauche, on souligne l’endettement de la France, qui emprunte chaque année entre 200 et 250 milliards d’euros. </strong><br />
Cet endettement est grave, et on a raison de s’en inquiéter. Mais il faut garder une vue comparative. La cause en est la crise financière et bancaire, qui a mis quelques pays en faillite virtuelle : Islande, Irlande et, presque aussi gravement, Grande-Bretagne, Espagne, Italie&#8230; Le pays le plus endetté au monde reste les Etats-Unis, qui croulent sous la dette de l’Etat, mais aussi sous celles des entreprises et des ménages, pour un total de 37 trillions de dollars ! Les deux pays dont l’endettement a cru le moins vite sont la France et l’Allemagne.</p>
<p><strong>Cela justifie-t-il qu’on s’endette davantage ?</strong><br />
Non, nous avons le devoir d’être prudents, mais cela fait plus de dix ans que la France gère à l’économie ! On paie la dette, les salaires de fonctionnaires, les contrats commencés&#8230; Et il ne reste presque rien pour les mesures nouvelles, recherche scientifique, enseignement supérieur, nouvelles technologies&#8230; L’idée de cet emprunt est qu’il faut cesser de martyriser notre avenir ! Le défi écologique impose qu’on change tout : nos modes d’énergie, de transport, de consommation&#8230; ce qui signifie beaucoup de techniques, de processus nouveaux. L’emprunt, c’est une opération exceptionnelle, unique, non pour faire de la relance, mais pour aller chercher les projets porteurs d’avenir.</p>
<p><strong>Pourquoi cette qualification de « grand » emprunt ? </strong><br />
D’abord parce qu’il répond à une décision personnelle du président de la République, ce qui est rare dans nos finances publiques, ensuite par son principe : le long terme. Il ne peut pas être grand par son montant, car nous sommes soucieux de l’équilibre économique général. L’agence France Trésor, qui gère les deniers publics sur les marchés, nous dit qu’il serait déraisonnable d’aller au-delà de 10 % d’endettement supplémentaire. Alain Juppé et moi avons été mis là parce que nous sommes des gens raisonnables, et nous le montrons en proposant un montant inférieur à 40 milliards d’euros.</p>
<p><strong>Et comment faire comprendre ce montant ? </strong><br />
Il faut expliquer à l’opinion publique qu’il est indispensable de préparer le futur. Si nos recherches sur les biotechnologies, les nanotechnologies, les énergies renouvelables, la voiture électrique, l’art de mieux se chauffer sont arrêtées, la France se met en hibernation, et on se retrouve au trente-deuxième rang de l’économie mondiale.</p>
<p><strong>Pendant que la France lance cet emprunt, l’Allemagne décide une baisse d’impôts&#8230;</strong><br />
Je crains que les Allemands, qui sont par ailleurs sur la voie du suicide démographique, ne soient en train de programmer une catastrophe nationale. La crise récente vient de signer l’échec de la théorie monétariste. Son inventeur, Milton Friedman, Prix Nobel d’économie 1976, nous a conduits dans le mur à cause de deux idées fausses, selon lesquelles les marchés s’autoéquilibreraient, et à leur niveau optimal. De là, la théorie monétariste conclut que toute réglementation, subvention, taxation est néfaste. Au nom de cette théorie, la finance s’est mise depuis vingt-cinq ans à dominer l’économie, à produire ses propres marchés spéculatifs – les produits dérivés –, à l’origine de fortunes inouïes et de l’effondrement économique. Quand l’Allemagne, avec la dette publique qu’elle a, 75 % du PIB, se lance dans la réduction d’impôts pour les classes aisées qui vont investir sur les marchés financiers, elle signifie qu’elle croit encore au monétarisme. Or elle a quatre millions de chômeurs&#8230;</p>
<h3 style="text-align: right">“Ma colère est totale contre le bouclier fiscal. Mais le grand emprunt est une idée salvatrice pour notre avenir”</h3>
<p><strong>Angela Merkel n’agit pas autrement que Nicolas Sarkozy au début de son mandat, avec le bouclier fiscal. Les socialistes prétextent d’ailleurs l’existence de ce bouclier fiscal pour refuser de voter la taxe carbone et de soutenir le grand emprunt&#8230;</strong><br />
Bien sûr que le bouclier fiscal a été une catastrophe ! C’était un encouragement donné aux détenteurs de capitaux pour continuer à s’enrichir et, en même temps, c’était économiquement idiot puisqu’il n’y avait aucune chance que cet argent soit investi dans l’économie productive. C’était en outre immoral : nous avons, comme l’Allemagne et les Etats-Unis, 25 % de notre population au chômage ou au travail précaire. Dans un pays où 25 % des gens connaissent des fins de mois effroyables, on n’avantage pas les riches ! Donc ma colère est totale. Mais le grand emprunt est une idée salvatrice pour notre avenir, la taxe carbone est une nécessité absolue. On ne peut pas les sacrifier au nom d’une colère fiscale. Je laisse à mon parti la responsabilité de ses choix tactiques.</p>
<p><strong>Pourquoi cette nécessité ?</strong><br />
Dans huit ou neuf générations, la vie sera impossible sur terre du fait du réchauffement climatique, sauf si nous parvenons à réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Malheureusement, au lieu d’obtenir cette limitation par la punition fiscale, le sommet de Kyoto a prôné un système d’autorisations d’émissions mises sur un marché, on appelle ça des quotas, mais il y a aussi de la spéculation sur ce marché&#8230; Le président français a eu le courage de dire, il faut aller plus loin, comme la Suède, qui a créé une taxe carbone dès 1999, et l’a fait progressivement monter à 100 euros la tonne ! Les grands pays n’ont pas encore osé bouger, mais ce n’est pas courageux ! La France aurait pu attendre les Allemands, mais avec leur système de länder, qui suppose l’unanimité, on n’aurait pas échappé à trois ou quatre ans de discussions infernales. Donc on y va tout seuls, pour montrer l’exemple.</p>
<h3 style="text-align: right">“Nicolas Sarkozy est en train de piquer dans toutes les boîtes à outils, y compris la nôtre, et c’est une bonne chose”</h3>
<p><strong>Nicolas Sarkozy serait-il devenu écologiste, voire social-démocrate ?</strong><br />
Doucement les basses ! Prendre une idée à la social-démocratie ne veut pas dire changer de mentalité, de culture, d’histoire personnelle. Avocat pénaliste, Nicolas Sarkozy n’avait jamais fait d’économie et s’était rapproché d’Alain Madelin pour collecter des rudiments d’économie monétariste. Mais comme il est très intelligent, quand la crise a éclaté, il lui a fallu quinze jours pour comprendre que le logiciel libéral était foutu. Aujourd’hui, il est très explicitement en train de piquer dans toutes les boîtes à outils, y compris la nôtre, et c’est une bonne chose, parce que la nôtre est plutôt moins mauvaise que les autres.</p>
<p><strong>Il a compris les nouveaux défis, ou il capte l’air du temps ?</strong><br />
Mais ça m’est complètement égal ! C’est l’affaire des commentateurs. Moi, je suis citoyen français, je constate que mon président, pour des raisons que je ne connais pas et que je ne cherche pas à connaître, a pris une décision courageuse et utile, je fonce pour contribuer à l’appliquer. Je vous rappelle d’ailleurs que je suis un peu à l’initiative de tout ça, parce que j’étais Premier ministre en 1989, et qu’à l’occasion du deux centième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et des citoyens, j’ai provoqué l’appel de La Haye, signé par vingt-quatre nations, sur la nécessité d’un combat mondial contre le changement climatique. Cette déclaration a poussé les pays à agir. En France, j’ai créé la Mission effet de serre, un groupe de hauts fonctionnaires, essentiellement des ingénieurs, qui a inventé le projet de la contribution climat énergie, dite taxe carbone. J’ai donc repris, à la demande de Jean- Louis Borloo, un boulot commencé&#8230;</p>
<p><strong>Votre engagement est ancien. Comment expliquez-vous que, de Mitterrand à Jospin, les socialistes aient été aussi indifférents à la question écologique ?</strong><br />
Pas seulement eux ! Tout le personnel politique y était indifférent. Je dois cette sensibilité à mon père, un grand savant, qui m’a inculqué le respect des scientifiques. Quand la science a tiré le signal d’alarme, j’ai accepté l’alerte, et j’ai considéré qu’elle était suffisante pour bousculer les précautions de politique politicienne.</p>
<p><strong>Mais, aujourd’hui encore, le secrétaire général adjoint du PS à l’environnement démissionne et rejoint Europe Ecologie en dénonçant le « productivisme » des socialistes.</strong><br />
Le drame des socialistes, c’est de ne pas avoir assez travaillé pour comprendre la crise économique et financière, pas seulement le défi écologique. Je n’ai plus de rapport avec mon cher parti, même si je fête ce mois-ci mes soixante ans d’appartenance au socialisme français. C’est avec tristesse que je constate qu’en renonçant à travailler pour un nouveau mode de pensée, ils restent dans l’ancien, qui était productiviste.</p>
<p><strong>Vous dites que les socialistes n&rsquo;ont pas pensé la crise&#8230;<br />
</strong>Les socialistes français ! Les socialistes européens, eux, sont au contraire les seuls à l’avoir annoncée. Fin 2006, Poul Rasmussen, chef des socialistes européens, ancien Premier ministre du Danemark, un grand bonhomme, écrivait un rapport sur les hedge funds. On n’est pas dans le même monde ! Je regrette que le parti socialiste français n’en ait pas suivi les indications&#8230;</p>
<h3 style="text-align: right">“A la limite, on pourrait s’en fout re, des rémunérations des traders ! Elles sont scandaleuses, mais marginales par rapport aux trillions de dollars en jeu.”</h3>
<p><strong>Le patron de la banque centrale américaine, Ben Bernanke, annonce un contrôle des rémunérations des banquiers, les Anglais l’envisagent, les parlementaires français votent une surtaxation des profits bancaires. L’agacement monte ?</strong><br />
C’est le mot&#8230; On s’agace que le système bancaire mondial continue à ne pas jouer le jeu de l’intérêt général et se moque de l’économie. Que cet agacement se traduise par une petite limitation des rémunérations absurdes, très bien, mais c’est de l’ordre de la moralité publique et de la vengeance, pas de l’ordre de la régulation économique. A la limite, on pourrait s’en foutre, des rémunérations des traders ! Elles sont scandaleuses, mais marginales par rapport aux trillions de dollars en jeu dans la finance. Ce qui est dramatique, c’est la minceur des résultats obtenus dans la bataille contre les paradis fiscaux. La moitié des liquidités mondiales échappent à la fiscalité, donc on ne peut rien réguler. Plus grave encore, les produits dérivés, c’est-à-dire la spéculation sur les marchés à terme ! Et là, on n’a rien fait.</p>
<p><strong>Avec quelles conséquences ?</strong><br />
De début 2001 à fin 2006, le prix du pétrole a quadruplé, ainsi que l’acier, l’aluminium, le manganèse, et même le maïs, le soja, le blé et le lait. Cela s’est traduit par des émeutes de la faim et de nombreux morts. Or sur aucun de ces marchés il n’y a eu rareté, on n’a jamais vu une demande pressante ne pas trouver une offre en quantité. Quelle est la mécanique qui a permis cette folie ? Les produits dérivés ! En permettant Tribunes / 1er décembre 2009 12 à nouveau à la finance de monter des marchés purement spéculatifs, déconnectés de l’économie, fondés sur des anticipations, on repart pour une prochaine explosion.</p>
<p><strong>Vous êtes pessimiste ?</strong><br />
Je ne vois pas comment les pays développés peuvent sortir, avec notre système financier, de la stagnation. On en est à la septième ou huitième crise financière internationale depuis 1990. Si on ne retrouve pas une dynamique de pouvoir d’achat collectif, une hausse des salaires, les chocs par la finance vont s’aggraver. Aux Etats-Unis, il y a une bagarre terrifiante dans l’administration d’Obama, car des monétaristes comme Larry Summers et Tim Geithner n’acceptent ni les réglementations ni les contrôles.</p>
<p><strong>Les Etats-Unis et la Chine risquent de s’affronter au sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique : la Chine veut rester sur l’esprit de Kyoto, qui excluait les pays en développement des efforts sur la réduction des gaz à effet de serre. Qu’en pensez-vous ?</strong><br />
La Chine fait mouvement à toute allure. Dans la crise, elle a joué le jeu de la solidarité financière internationale, des efforts bancaires collectifs, de la relance&#8230; Et surtout elle est en train de découvrir ses problèmes écologiques. Démentiels, effrayants. Mais elle va y arriver. C’est un pays très sérieux, on ferait mieux de tenter de le connaître, au lieu de le traiter comme une menace stratégique.</p>
<p><strong>L’impératif écologique viendra-t-il à bout de l’idéologie ultralibérale ?</strong><br />
L’impératif écologique est un impératif de survie, et il va broyer sur sa route tout ce qui n’y répondra pas, et pas seulement le monétarisme. Le communisme aussi, avec sa priorité à l’industrie lourde, a été une catastrophe écologique&#8230;</p>
<p><strong>Dans un texte publié le 20 octobre par Libération, vous rendez hommage au Prix Nobel d’économie, l’Américaine Elinor Ostrom, « un prix Nobel pour l’autogestion », dites-vous&#8230;</strong><br />
Pendant près de vingt ans, les jurés ont persévéré dans cette fausse piste gravissime ouverte par l’attribution du Nobel 1976 à Milton Friedman et ils ont couronné des monétaristes. Avec la montée des profits et la chute massive des revenus, ils ont fini par se rendre compte que quelque chose n’allait pas. Le couronnement d’Amartya Sen, en 1998, marque le début de la fin du monétarisme et l’ouverture vers d’autres champs de recherche, celles de Joseph Stiglitz, de Paul Krugman&#8230; Elinor Ostrom démontre que c’est une meilleure solution de faire gérer les biens publics par leurs usagers et leurs consommateurs que par le marché ou par l’Etat. C’était ça, la thèse des autogestionnaires !</p>
<p><strong>Il y a quarante ans, avec ces idées, vous incarniez un autre idéal que le communisme ou le gauchisme. Vous y croyez encore </strong>?<br />
Plus que jamais. Et j’essaie de continuer. De façon un peu plus terre à terre. Pour passer de la féodalité au capitalisme, il a fallu trois siècles. Le capitalisme est en train de montrer ses faiblesses congénitales : on aura changé de système dans un siècle et demi&#8230; Et sur ces pistes de recherche, Elinor Ostrom nous rappelle ce qu’il y avait d’intelligent et de responsable dans les mouvements des années 60 et constate que nos intuitions n’étaient pas si mauvaises.</p>
<p><strong>Propos recueillis par Vincent Remy<br />
<a title="Le site de Telerama" href="http://www.telerama.fr/monde/michel-rocard-cessons-de-martyriser-notre-avenir,49548.php">A lire sur le site de Télérama (n° 3123)</a></strong></p>
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