Daniel Heurtault arrive à Paris en février 68. À 23 ans, ce jeune homme originaire de Lamballe dans les Côtes d’Armor, vient d’obtenir un concours des PTT. Sans engagement politique réel, il ne pressent nullement l’imminence du mouvement qui va éclater quelques mois plus tard.
« J’avais quand même des valeurs de gauche bien ancrées, se souvient Daniel. Mon père était syndicaliste. Comme les fins de mois étaient parfois difficiles, j’ai eu très tôt conscience de la nécessité d’améliorer les choses. » Cette conscience ne le quitte pas. La vie dans la capitale n’est pas toujours rose ; la difficulté à s’y loger est déjà une réalité. Dans la centrale téléphonique où Daniel est employé, les conditions de travail sont plutôt rudes : service de nuit sans récupération ni compensation, travail le dimanche, bas salaires et des rapports hiérarchiques très stricts.
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