Président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault a présenté la motion de censure à la tribune de l’Assemblée nationale le 27 janvier. Retrouver l’intégralité de son intervention :
« Je voudrais, avant d’entamer mon propos, avoir une pensée particulière pour tous nos concitoyens qui ont souffert ces dernières heures des terribles intempéries qui se sont abattues sur le sud-ouest de notre pays. Aux familles dans l’épreuve, à celles qui sont dans le deuil, je veux dire notre compassion et la solidarité de toute la représentation nationale.
M. le Premier Ministre
M. le Président,
Mes chers collègues,
C’est d’une autre tempête dont je voudrais vous parler maintenant, une tempête financière dont l’essentiel des conséquences est encore devant nous, car la crise économique et sociale qui en résulte, s’installe, s’aggrave, et rien dans les politiques menées ne semble hélas empêcher ses ravages.
Les circonstances sont exceptionnelles :
- Le pouvoir d’achat de nos concitoyens ne cesse de baisser.
- Le chômage, ces derniers mois, a déjà frappé des dizaines de milliers de salariés.
- Une récession profonde frappe notre continent, et plus particulièrement notre pays. Les prévisions des économistes se vérifient hélas dans les détresses concrètes de nos concitoyens les plus vulnérables.
La gravité du moment impose la responsabilité et l’engagement total de tous les acteurs de la vie publique.
C’est pour cette raison que je suis aujourd’hui à cette tribune, dans cet hémicycle que nous avons quitté il y a une semaine.
C’est pour faire entendre une voix, celle de l’opposition.
Cette voix, précisément, que l’on voudrait brider, contenir et maîtriser. Ce que nous n’accepterons jamais.
Hier, par un appel à la pensée unique sous couvert d’unité nationale.
Aujourd’hui, par une limitation drastique du droit d’amendement.
Demain par la réforme de la carte territoriale et le redécoupage des circonscriptions. (Lire la suite…)