Convention nationale du 10 octobre – Atelier 3: « Mieux vivre pour tous, des territoires durables »

CONVENTION NATIONALE DU PARTI SOCIALISTE

Samedi 10 octobre 2009

Atelier 3: « Mieux vivre pour tous, des territoires durables »


  • Présidence/animation : Nathalie PERRIN-GILBERT
  • Charlotte BRUN (Conseil régional Ile de France) Rapporteure de l’atelier en plénière
  • Marc CARBALLIDO (Vice-président Région Midi-Pyrénées)
  • Anne FERREIRA (Vice-présidente Région Picardie)

Les nombreux camarades qui ont participé à cet atelier  ont souligné la nécessité pour les Régions, comme elles ont su le faire ces dernières années, d’être au coeur des préoccupations des Français. Les régions animées par la gauche ont su mettre en place un certain nombre de dispositifs de concertation permettant que les projets qu’elles portaient soient des projets assumés et que ces échelons soient progressivement réappropriés par les Français. L’enjeu est bien de continuer de construire des Régions au coeur des préoccupations des Français, des Régions humaines, solidaires et durables et en cela je dois noter les nombreuses interventions qui ont permis de faire le point sur ce qu’on entendait par développement durable. Tous les intervenants ont rappelé que derrière l’expression développement durable on ne pouvait résumer la notion de durable à la seule problématique écologique.

Comme d’ailleurs nous invite à le rappeler la Conférence de Rio en 1992, la question de la construction d’un meilleur monde pour le 21e siècle ne se résume pas simplement au fait d’assumer ensemble l’exigence écologique, mais consiste à construire un monde qui respecte comme problématique de développement, pas simplement le développement économique, mais qui mette sur un même pied plusieurs piliers : le pilier écologique, le pilier du développement économique, et surtout le pilier humain avec le développement social des sociétés et l’émancipation des peuples qui composent notre planète.

Il n’y a pas de compromis possible entre le libéralisme, la recherche du profit et le développement durable. Il ne peut donc pas y avoir de compromis possible, comme certains essaient de nous le faire croire en ce moment, entre l’écologie et l’ensemble des partis politiques en France. L’écologie, le respect de l’environnement ne peut être une valeur transversale à l’ensemble des partis politiques en France et nous considérons, nous, au contraire, qu’il y a un vrai enjeu social du développement durable. En cela, on l’a dit, par des politiques offensives sur la question des transports, par le vote d’Agendas 21 régionaux, par l’aide à la réalisation d’Agendas 21 locaux, par un certain nombre de dispositifs pour respecter la biodiversité, pour aider les populations, surtout les populations en difficulté ou modestes à faire des économies d’énergie en allant vers des dispositifs d’éco-construction, en mettant en place des politiques de déchets plus écologiques et puis en stimulant une moindre production de déchets, les Régions ont su être des acteurs de cette vraie révolution que résume cet objectif de développement durable. Aujourd’hui, l’enjeu n’est pas simplement de mettre des mots par-ci, par-là pour faire moderne en essayant de concilier des objectifs. L’enjeu est bien en cela de construire un monde totalement nouveau qui permette à chacun d’être l’acteur d’un monde dont la survie aujourd’hui est en question.

J’aimerais insister là-dessus. Parfois, on a l’impression qu’on ne serait pas légitime à parler de développement durable, qu’on serait peut-être un peu moins légitime que certains partis politiques. Le fait de concilier le respect de l’environnement, le développement économique, l’émancipation des populations et le bien-être social des populations, c’est au coeur du projet socialiste depuis toujours. Le développement durable, c’est au coeur du projet socialiste depuis toujours. Cette révolution fondamentale que les Régions sont en train de mener aujourd’hui, en mettant en place des politiques qui allient l’objectif de respect de l’environnement, la solidarité, l’émancipation, ces politiques actrices de cette révolution de pensée fondamentale, ce sont des politiques socialistes. Donc aujourd’hui, construire des territoires durables, c’est ni plus, ni moins ce que le projet socialiste dessine.

Alors, je disais, les intervenants ont souligné à quel point les Régions étaient aujourd’hui les actrices du respect de l’environnement, la vice-présidente Anne Ferrera*, de la région Picardie, a souligné à quel point par exemple les Régions mettaient en avant le développement de l’innovation technologique et arrivaient, via les pôles de compétitivité, à concilier l’impératif de l’innovation et du développement durable, notamment sur la question de la chimie verte. Les Régions, c’est bien sûr aujourd’hui un acteur essentiel du respect de l’environnement, mais c’est surtout un acteur essentiel de la solidarité et de l’émancipation.

Quelques données : sans les Régions aujourd’hui, c’est des logements qui ne voient pas le jour, ce sont des logements qui ne sont pas réhabilités. En région Ile-de-France, ce sont cent logements nouveaux construits par jour. En région Ile-de-France, c’est 240 000 logements créés ou réhabilités ces dernières années. Les Régions, c’est aussi la gratuité dans les transports pour un certain nombre de personnes modestes, c’est également des dispositifs de réduction pour les jeunes, ce sont de nombreux dispositifs d’accompagnement des familles d’un bout à l’autre de la chaîne de la vie. En étant près des familles pour la petite enfance, bien sûr, mais également en aidant tous les territoires, urbains ou ruraux à accompagner cette évolution démographique fondamentale que représente l’allongement de la vie.

Et sur la question de l’importance des Régions sur ces dispositifs de solidarité et d’émancipation, j’insisterai sur deux points : aujourd’hui, de nombreux clubs, de nombreuses structures sportives reposent uniquement sur l’effort des Régions de gauche. En France, 80 % de l’investissement est porté par les Régions de gauche en France. Aujourd’hui, il n’y a plus de politique sportive, de pratique amateur possible dans le sport sans les Régions en France.

Sur la question culturelle également : aujourd’hui, de nombreuses associations, de nombreuses compagnies sont en difficulté. La culture en France souffre cruellement. Les pratiques amateurs deviennent de plus en plus réservées aux gens qui peuvent avoir les moyens de s’acheter des instruments de musique par exemple ou qui ont la possibilité d’être dans une ville bien dotée en infrastructures ou en réseau associatif.

La question de l’accès aux cultures, de l’égalité territoriale, ce sont les Régions françaises qui les portent. En région Ile-de-France par exemple nous nous avons essayé de mettre en place des dispositifs qui permettent de tenir les deux bouts de la chaîne : aujourd’hui et grâce aux Régions il continue d’y avoir des pratiques amateurs, mais également un soutien à des professions qui souffrent drastiquement de la politique gouvernementale.

Alors oui, vous voyez, des territoires durables, c’est à la fois des territoires respectueux de l’environnement grâce aux Régions, mais également parce que nous mettons sur le même pied, parce que pour nous il ne saurait y avoir de respect de l’environnement au détriment des populations, c’est l’affirmation de Régions solidaires, de Régions fortes, car elles sont solidaires et parce qu’elles permettent l’émancipation via des politiques culturelles et sportives ambitieuses et essentielles aujourd’hui pour le tissu associatif.

Pour conclure, vous voyez que les Régions aujourd’hui, dont la force, cela a été souligné par un camarade de Lille, Henri, est de ne pas avoir fait de copier-coller sur l’ensemble des actions et des politiques, mais d’avoir su décliner nos principes en respectant les pays, les territoires, les histoires. Les Régions sont des outils fondamentaux du projet socialiste qui est un projet durable.

Nous n’avons pas une vision, contrairement à la droite, de Région tiroir-caisse. Nous pensons au contraire que les Régions doivent être des Régions qui protègent, des Régions qui soutiennent. Les Régions doivent être outils essentiels de notre projet de société de demain. Les actions régionales portées aujourd’hui par les élus socialistes permettent de dessiner un nouveau modèle de développement, contribuent à définir ensemble un nouveau type de croissance, une croissance plus verte.

Ces Régions, essentielles pour le quotidien de nos concitoyens, doivent être demain dans notre programme encore plus réaffirmées comme des boucliers de solidarité, comme des boucliers sociaux.

Et là j’aimerais insister sur un point qui a été développé également dans l’atelier : si elles sont essentielles pour nos concitoyens, si elles sont bien incarnées par ailleurs et bien identifiées comme des acteurs essentiels du quotidien, elles ne sauraient remplacer l’action gouvernementale.

Le combat de 2010 est fondamental pour beaucoup de nos concitoyens. Ils ont besoin des Régions mais elles sont également essentielles parce qu’elles participent de la définition du projet de société de 2012 et qu’elles participent de la campagne de 2012.