Les temps sont durs. Cela nous oblige
Par Benoît Hamon, Porte-parole
On voudrait être moins pessimistes, plus constructifs. On voudrait être moins critiques, plus positifs. Mais honnêtement, quand on additionne pour les seuls mois de novembre et décembre, le travail le dimanche, la retraite à 70 ans,la mise au pas de l’audiovisuel public, les réductions d’effectifs dans l’Éducation nationale et l’hôpital public,on s’inquièterait à moins.
Difficile de trouver une parcelle d’espoir chez ces milliers de salariés victimes de plans sociaux « par anticipation », en clair licenciés non pour pas pour motif économique mais pour motif boursier. Difficile de rassurer ces agents hospitaliers en lutte contre un plan national de retour à l’équilibre des hôpitaux en réalité synonyme de gigantesque plan social qui prévoit la suppression de 20 000 postes dans l’hôpital public. Difficile d’apaiser l’inquiétude des lycéens ou parents d’élèves devant l’appauvrissement de l’Éducation nationale et leur angoisse vis-àvis du déclassement et de la précarité que les meilleurs diplômes n’évitent plus. Ces situations fourmillent dans le public comme le privé et concernent toutes les générations. 2008 s’achève dans un climat d’inquiétude et 2009 s’annonce plus sombre encore.
Nicolas Sarkozy a depuis longtemps vidé sa hotte de Noël. Et pour certains, cela a été Noël en janvier, en février, en mars et tous les autres mois de l’année.
Cette injustice-là, d’un pouvoir doux et généreux avec les mieux lotis, intraitable ou bonimenteur avec tous les autres, rend la situation des Français plus cruelle encore.
Le rôle du Parti socialiste n’est pas d’ajouter à cette exaspération sa propre complainte. Nous devons démontrer dans ce contexte de crise sociale notre utilité. Nous ne sommes pas au pouvoir. Sommes-nous dès lors impuissants ? Bien sûr que non. Les députés socialistes ont prouvé le contraire à l’Assemblée nationale sur le travail du dimanche ou l’audiovisuel public. Les temps sont durs. Soit ! Cela nous oblige.
Que la droite sache donc que là où les Français souffrent, là où ils revendiquent et espèrent,on trouvera les socialistes?