Des engagements trop tièdes sur le climat
Poznan, Bruxelles, la semaine dernière, la lutte contre le changement climatique était au coeur de toutes les conférences internationales. Faut-il y voir une avancée significative dans ce combat qui est sans doute le plus grand défi du XXIe siècle ? Positifs dans le message qu’ils délivrent, les accords issus de ces sommets sont bien trop mitigés pour être efficaces. Bilan tempéré.
Ni chaud, ni froid ? Sans être des échecs patents, la conférence internationale de Poznan (Pologne) sur le changement climatique, la semaine dernière, et l’accord européen sur ce même sujet, signé à Bruxelles, le 12 décembre, aboutissent à des engagements plutôt tièdes. Bien loin d’amorcer la nécessaire révolution écologique.
« L’accord des 27 n’est pas à la hauteur des exigences environnementales, souligne Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS en charge de l’environnement et du développement durable. Certes, cet accord envoie un signal positif en direction de la communauté internationale, en affichant notamment l’objectif de réduire de 20% les gaz à effet de serre européens d’ici à 2020. Mais sur les modalités pour parvenir à ce résultat, beaucoup trop de concessions ont été faites. » Dans un contexte de crise économique sévère,il a fallu rassurer les pays qui redoutaient que le paquet-climat n’aggrave le chômage et plombe les industries déjà confrontées à la récession.
Dérogations Parmi les États les plus réticents, les pays de l’Est, encore très dépendants du charbon pour leur production énergétique, et même l’Allemagne, peu disposée à mettre en danger son industrie. Résultat, ces pays ont réussi à obtenir une allocation massive de quotas gratuits d’émission de CO2. Et compte tenu des nombreuses dérogations concédées,96%des industries ne devraient pas avoir à payer de quotas, selon les estimations de certaines ONG. « L’allocation gratuite devait être l’exception ; elle devient la règle, déplore ainsi Karine Gavand de Greenpeace France. Le principe du pollueur-payeur n’est pas appliqué. » Et c’est autant d’argent en moins pour soutenir les pays du Sud.
« Pourtant, il faut aider les pays en développement à respecter le climat sinon la planète ne sera plus vivable, met en garde Jean-Yves Le Déaut, député socialiste et spécialiste des questions environnementales. Il y a une véritable urgence écologique et les députés PS ont d’ailleurs fait signer un amendement très fort en ce sens au Grenelle de l’environnement. » Il faut donc désormais aller au delà des beaux discours et passer à l’action. Ce sera tout l’enjeu de la conférence de Copenhague, en 2009. La première à laquelle participera la nouvelle administration menée par Obama, après huit ans d’obscurantisme américain sur les questions écologiques. Peut-être une lueur d’espoir.
Elisabeth Philippe