Protéger le monde du travail, par Alain Vidalies

Les pays occidentaux s’enfoncent dans une crise sans précédent. 533000 emplois ont été détruits aux États-Unis durant le seul mois de novembre. En France, comme en Europe, la crise financière s’est transformée en crise économique et sociale, frappant chaque jour de nouveaux bassins d’emplois : Bar-Le- Duc, Sandouville, Niort, Quimperlé… La liste ne cesse de s’allonger, faisant craindre le pire sur le front du chômage et de l’exclusion. Les offres d’emplois stables ont déjà reculé de 13,5% sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi a dépassé la barre des 2 millions, et l’emploi intérimaire, indicateur des évolutions futures, a reculé de 10% sur un an.

Face à cette situation dramatique, la politique du gouvernement n’est pas seulement inefficace, elle ajoute de la crise à la crise. Au-delà de mesurettes sectorielles, rien n’est prévu pour soutenir l’activité, relancer la croissance et l’emploi et augmenter le pouvoir d’achat des Français. Pire, la droite continue, par pur dogmatisme,de déréglementer le marché du travail (généralisation du travail le dimanche) et de privatiser les services publics, à commencer par La Poste et la banque postale. Alors que la France a d’abord besoin d’une réelle stratégie de croissance et d’emploi.

Dans l’immédiat, l’urgence est d’assurer une véritable protection aux victimes de cette hémorragie. Les obligations de reclassement et de reconversion des salariés doivent être renforcées en généralisant les contrats de transition professionnelle à tous les bassins d’emploi.Pour empêcher concrètement les entreprises bénéficiaires de procéder à des licenciements de complaisance, nous devons, après consultation des organisations syndicales, proposer un dispositif qui renforce les protections dans l’emploi et contraigne les entreprises à prendre en charge la réindustrialisation des sites, le reclassement et l’indemnisation des salariés.?

Alain Vidalies,
secrétaire national au Travail et à l’emploi