Le Parti socialiste dénonce le faux plan de relance de Douai
Nicolas Sarkozy annonçait un plan « massif et puissant ». Mais à Douai, le 4 décembre, le chef de l’État s’est contenté de présenter un catalogue de « mesurettes » sans cohérence. Et pour les socialistes, le pouvoir d’achat est le grand oublié de ce plan.
Décevant. Pas à la hauteur. Des «mesurettes ». Le plan de relance présenté par Nicolas Sarkozy, le 4 décembre à Douai, n’a pas rassuré salariés et élus, de plus en plus inquiets face à la crise. « Le problème majeur est le pouvoir d’achat, et c’est ce qui bloque la relance de la consommation. Sur ces sujets, aucune annonce, si ce n’est une prime de 200euros pour 3,8 millions de Français. Rien sur le logement, si ce n’est le crédit de recyclage et de rattrapage. Rien sur les investissements publics qui n’ait déjà été prévu, des remboursements pour les entreprises qui sont des dettes de l’État et quelques mesures structurelles inefficaces », a aussitôt déploré Martine Aubry, lors d’une conférence de presse. Le PS attendait des réponses à l’urgence comparables à celles envisagées par nos voisins anglais ou espagnols. Ainsi, le chef du gouvernement espagnol, Zapatero a annoncé un plan de 11 milliards d’euros, dont 8 pour les collectivités territoriales, le logement et les infrastructures, après avoir donné 400euros pour ceux qui gagnent moins de 25000euros à l’année. De vraies initiatives en faveur du pouvoir d’achat. Le Président français, lui, est resté frileux. Comme le laissait présager un budget 2009 de rigueur qui n’a fait que « rajouter de la crise à la crise », selon Martine Aubry.
Sans envergure
Dès le 30 novembre, l’ensemble des leaders européens ont pourtant demandé dans un projet de déclaration commune, « un accroissement des investissements publics, une relance coordonnée au niveau européen par un grand programme sur les infrastructures (TVG, Internet à haut débit,…), une relance du pouvoir d’achat pour les plus précaires, chômeurs et travailleurs en grande difficulté ».
Quant au secteur automobile, gravement touché par la crise, même constat. «Les mesures du plan Sarkozy pour le secteur automobile se limitent à une revalorisation de la prime à la casse, un prêt d’un milliard d’euros aux organismes de crédits des constructeurs français et la mise en place d’un fonds public de restructuration doté de seulement 100 millions d’euros. Ces mesures sont loin d’être à la hauteur de l’urgence », souligne Guillaume Bachelay, secrétaire national du PS à l’Industrie. Pourtant, en tant que Président de l’UE, et alors même que le marché ouest-européen de l’automobile a reculé de 25%, Sarkozy se contente d’une « prime à la casse » sans envergure. Les salariés sont donc licenciés un à un quand, dans le même temps, le congrès américain débloque une aide d’urgence de 15 milliards de dollars pour les constructeurs automobiles.
Fanny Costes