Wiener Kerns Fleurimond : L’écriture dans la peau

Modeste, Wiener Kerns Fleurimond n’aime pas se mettre en avant. Pourtant il y a beaucoup à dire sur lui. Voilà 20 ans qu’il est un permanent du Parti socialiste (aujourd’hui aux fédérations) et plus encore, un militant.

Né en Haïti, d’une mère institutrice et d’un père militaire, il a beaucoup bougé et s’est posé un temps aux États- Unis où son père était attaché à l’ambassade d’Haïti. Dans les années 70, il arrive en France pour suivre ses études. À Paris, Kerns n’a ni famille, ni connaissance mais rencontre vite des « camarades » en rejoignant le PS. « C’est une question de principes, confie-t-il. On regarde autour de soi et on voit qu’on peut être utile. »

Parallèlement à son activité rue de Solferino, il est correspondant pour des journaux haïtiens avant de rejoindre la rédaction de Haïti Tribune, un bimensuel généraliste qui paraît aussi en France et un peu partout dans le monde. Touche-à-tout, il fait aussi de la radio et joue les éditorialistes politiques sur Fréquence Paris Pluriel. « Depuis que je suis jeune, je veux faire de la communication et entrer dans le monde des médias, avoue-t-il pour expliquer sa boulimie de travail. J’aime écrire, comprendre ce que les gens pensent et me faire ma propre opinion. » Une passion qui le prend très tôt puisque dès le lycée, il crée une revue avec quelques copains.

Alors, forcément, la situation actuelle de la presse le préoccupe : « Sarkozy contrôle l’information, mais je fais confiance aux Français. Ils feront tout pour préserver l’indépendance des médias. Sans cela, c’est la fin de la démocratie. » Quant aux médias haïtiens, il loue leur liberté de ton. Peut-être un des éléments qui l’attache profondément à Haïti. En avril dernier, il amême failli s’y installer durablement pour occuper des responsabilités politiques. Mais à l’époque, le pays est secoué par les émeutes de la faim.Un nouveau Premier ministre est désigné et Kerns reste finalement en France.

Pour autant, il n’abandonne pas ce projet : « Haïti se bat pour la démocratie et j’aimerais lui apporter l’expérience que j’ai acquise grâce au PS. »Mais que ce soit en France ou en Haïti, Kerns sera toujours fidèle au PS. Car pour lui, malgré les difficultés récentes, « ce parti reste unmodèle dont d’autres pays pourraient bien s’inspirer ».

Estelle Vazquez