Le Parti socialiste doit redevenir la maison commune
Invitée,mardi 2 décembre, à la réunion de groupe des députés socialistes à l’Assemblée nationale,Martine Aubry, a tenu à délivrer unmessage d’unité et d’encouragement. Elle a notamment appelé à ce que le parti et les parlementaires travaillent mieux ensemble. Car, contre Sarkozy, plus que jamais, l’union fait la force.
Les socialistes sont de retour. Martine Aubry l’a promis aumoment de son investiture comme Première secrétaire. Chose promise, chose due, dès le mardi 2 décembre, lors de la réunion des parlementaires SRC (PS, radicaux et divers gauche), à l’Assemblée nationale. Jean- Marc Ayrault, chef de file des députés socialistes a accueilli la nouvelle numéro un du parti par ces mots : « Cette maison est la tienne. (…) Avec toi Martine, nous voulons tourner la page des temps compliqués que nous venons de traverser.» Sur la même longueur d’onde, Martine Aubry a donc délivré unmessage attendu d’unité et d’encouragement aux députés socialistes, quasiment tous présents.
Au premier rang, François Hollande, son prédécesseur, mais aussi Elisabeth Guigou, Pierre Moscovici, Daniel Vaillant ou Jean Glavany. « C’est la fin de notre congrès, on redémarre », a lancé Martine Aubry. Signe de ce renouveau, selon elle, la nette victoire du socialiste François Deluga sur un candidat UMP dans une législative partielle,enGironde,dimanche 30 novembre. « La gauche est là »,a insisté lamaire de Lille.Et elle doit désormais parler d’une même voix pour faire entendre ses propositions.
« L’unité est la garantie de notre succès », a rappelé Martine Aubry. Fermement décidée à remettre l’opposition en état de marche, elle a alors exhorté à « travailler mieux entre le parti et les groupes parlementaires (…), à travailler en commun avec les permanents du parti. » Une déclaration qui ne restera pas lettre morte puisque les deux présidents de groupe (Assemblée et Sénat) devraient assister au secrétariat national toutes les semaines.
« Unissons nos forces »
Le leitmotiv de l’intervention de Martine Aubry était clair : l’union fait la force. « Le Parti socialiste doit redevenir la maison commune. Je ne suis ni députée ni sénateur. J’ai besoin de travailler avec vous. Unissons nos forces et compétences, débattons pour combattre la droite et former un parti ancré à gauche et renouvelé.
Chaque député doit être porteur d’un projet partagé », a-t-elle poursuivi, soulignant que « la crédibilité d’un parti, c’est la force de la dénonciation, mais aussi la force de la proposition. » Se rassembler donc, pour mieux s’opposer. D’autant que les combats nemanquent pas. Les attaques de la droite viennent de toutes parts.
Démantèlement du code du travail, inégalités dans l’accès aux soins, politique fiscale injuste, délitement du logement social… Martine Aubry s’est aussi attardée sur les lourdes menaces qui pèsent sur l’audiovisuel public, bientôt privé de recettes publicitaires. Le texte sur son financement est actuellement en examen à l’Assemblée. Pour la Première secrétaire, ce projet de loi « profite aux seuls grands groupes, au détriment des libertés de la presse et de l’opinion. Nous devons être présents sur ce terrain-là ainsi que sur les questions économiques et sociales. Il vous appartient de dénoncer les projets de Nicolas Sarkozy et du gouvernement et de vous investir dans la préparation du projet socialiste pour 2012. »
Confiance
En marge de la réunion, Martine Aubry ne s’est d’ailleurs pas privée de dénoncer la politique du chef de l’État, l’appelant notamment à « changer totalement de cap ». Sa politique « était déjà une erreur politique parce qu’elle était profondément injuste », a-telle asséné, citant des baisses « d’impôts des plus riches » et des « niches fiscales à ceux qui ont tout ». Mais c’est aujourd’hui une erreur économique », a-t-elle poursuivi.
D’où la nécessité de lui opposer un projet solide en 2012. Mais avant l’échéance présidentielle, d’autres défis attendent les socialistes.À commencer par les élections européennes de juin 2009. « Une élection qui ne va pas être facile », a reconnu Martine Aubry. La veille, elle s’était rendue à Madrid pour la réunion des leaders sociaux-démocrates européens. À cette occasion, le Manifesto, programme commun pour les élections européennes, a été adopté à l’unanimité par les socialistes européens. « Nous attendions ce texte depuis longtemps pour porter haut les valeurs que nous défendons contre le libéralisme et pour une Europe telle que nous l’avons toujours défendue, a commenté la Première secrétaire. Nous disposons là d’une bonne base pour lancer la campagne électorale. »
De bonnes bases, Martine Aubry a manifestement elle aussi, voulu en établir avec ce discours et ce mot d’ordre : « Tous ensemble ». Et visiblement, son appel au retour de la « confiance » et à la « convivialité » a été très bien reçu. L’intervention de la nouvelle Première secrétaire a été qualifiée de « positive » et « tonique » par les députés. Il faut maintenant se remettre au travail. Pour de bon.