François Hollande : Militant d’abord

Pot de départ pour l’ex-Premier secrétaire le 19 novembre. Certains attendaient des larmes, ce furent des rires. Aux permanents de la rue de Solferino, François Hollande a adressé un dernier discours teinté d’humour qu’il a conclu par ces mots : «Merci du travail que vous avez accompli avant moi,merci du travail que vous avez accompli avec moi,merci pour le travail que vous accomplirez après moi.»

Après plus de dix ans à la tête du PS, avec tout ce que cela comporte comme bureaux nationaux, secrétariats et autres fêtes de la rose, on se demande d’où vient cette ferveur qui l’anime toujours aujourd’hui. Peut-être de son premier souvenir « socialiste ». François le date de 1972. Un meeting de la gauche, qui avait rassemblé plus de 100 000 personnes et où Mitterrand avait « retourné » la salle.

De ce mandat de Premier secrétaire, qu’il ne pouvait imaginer en 1997 d’une telle durée, il retient un « acharnement à unir et à rassembler ». Celui qui a connu de franches victoires a aussi dû gérer l’après 21 avril, « le pire » qui ne lui soit jamais arrivé, et qui l’a en quelque sorte « immunisé ». Il sait alors que pour être victorieux, il faut être capable de « faire travailler ensemble tous les socialistes ».

L’éternel délégué de classe, le bon élève à Sciences-Po, puis à l’ENA, a quelque chose d’un enfant terrible. Rien à voir avec son caractère. Il confesse n’être jamais « brutal », voyant même dans cette attitude la raison de sa caricature médiatique. Mais il y a sa malice, son envie de plaire, son besoin d’être au contact.

Il se remémore ses premiers pas en Corrèze. Il avait alors 26 ans et savait bien que son élection s’annonçait compliquée.Qu’à cela ne tienne.Après une défaite honorable (à 300 voix), le jeune énarque s’acharne. Une période qui l’a marqué puisque aujourd’hui encore,il se souvient de l’heure du train – 13h05 – qu’il prenait chaque vendredi en courant, au sortir de la Cour des comptes pour rejoindre Tulle.

Quelques années plus tard, le jeune François réussit finalement à se faire élire. Il raconte avec un souvenir intact ses premiers pas à l’Assemblée nationale, un épisode qu’il évoque avec un plaisir non dissimulé.

François Hollande n’est pas avare d’anecdotes sur son militantisme. Des trains, il en a pris, des affiches, il en a collé, des discours, il en a prononcé. « La politique, c’est donner à un inconnu ce qu’on n’a pas le temps d’offrir à ses proches », confie-t-il, un brin soucieux de l’opinion qu’on puisse se faire de ce constat.

Et après ? que lui souhaiter ? « Sans hésitation, qu’il soit enfin lui-même, répond un de ses anciens collaborateurs. Après avoir porté la parole collective, qu’il exprime sa pensée singulière, qu’il donne aux Français l’occasion de saisir cette intelligence aiguisée.» Une autre façon de militer.

ArianeVincent