Une sortie de crise à 1 700 milliards d’euros
Dimanche 12 octobre, les chefs d’État et de gouvernement des 15 pays de l’Eurogroupe se sont finalement accordés sur un plan destiné à calmer lesmarchés financiers. Si les bourses ont accueilli ce plan de 1700milliards d’euros avec euphorie, le Parti socialiste s’estmontré plus sceptique et a préféré s’abstenir lors du vote à l’Assemblée, en l’absence d’un volet économique et politique pour relancer la croissance assorti à ce plan.
Après l’organisation du «G4» qui a réuni, le 4octobre, à l’Elysée, les chefs d’État européens du G8, Nicolas Sarkozy a dû se rendre à l’évidence : la zone euro ne compte pas 4mais 15 pays,et les solutions à la crise financière ne peuvent êtres décidées à quelques-uns. «L’Europe s’est réveillée. Il était temps. Le sommet du 12 octobre a effacé l’échec du mini sommet de la semaine précédente», estime François Hollande. Quant à Michel Sapin,secrétaire national du PS aux questions économiques, il juge« très technique» le plan de 1700milliards d’euros (dont 360 milliards pour la France) qui en est issu. En autorisant les recapitalisations de banques en cas de faillite et la garantie par les gouvernements des prêts interbancaires, ce plan répond en partie aux attentes des socialistes.
Mais ces mesures doivent s’accompagner de garanties économiques et éthiques. Ainsi, dans chaque conseil d’administration des banques, la présence d’un représentant de l’État est une condition obligatoire pour garantir l’utilisation des financements. En outre, cet accord n’a été conclu qu’au terme d’un processus douloureux. Preuve que l’Europe politique peine encore à s’imposer. « Notre besoin d’Europe s’est parfaitement illustré dans la gestion de la crise, analyse Michel Sapin.
Nous devons nous renforcer, pas seulement pendant la tempête, mais aussi par temps calme ». Aussi, les socialistes sont partisans d’un gouvernement économique à l’échelle européenne. Mais désormais, l’enjeu politique consiste à gérer le ralentissement économique engendré par la crise. Notamment en France, pays déjà pénalisé par les erreurs du gouvernement. Il faut donc réagir vite. Pour Michel Sapin, il est nécessaire de soutenir le pouvoir d’achat des Français et de stimuler l’investissement des entreprises, en baissant l’impôt sur les sociétés pour celles qui réinvestissent leurs bénéfices et en le relevant pour celles qui distribuent leurs profits sous formes de dividendes.
Ariane Vincent