Réécrire le budget 2009 pour sauver l’économie

L’effondrement de la conjoncture économique et financière affecte particulièrement les petites et moyennes entreprises. Cependant, avant que la crise bancaire ne s’ accentue,elles étaient déjà en difficulté.

Le recul du pouvoir d’achat, de la consommation et de la croissance,résultat d’une politique économique injuste et inefficace, a affaibli lesPME. Par exemple, le recul du secteur du bâtiment, où les entreprises sont majoritairement de petite taille, est l’un des principaux facteurs expliquant ces difficultés. Pourtant, le projet de budget de l’État pour 2009 se traduit par une réduction des budgets alloués au Ministère du logement, à l’inverse de ce qu’il faudrait faire, et aucunemesuredesoutienn’estapportéeàcesecteur. Par ailleurs,le gouvernement n’a pris aucunemesure pour soutenir l’investissement. Au contraire, le recul des crédits aux collectivités locales, principaux investisseurs publics, va se traduire par une réduction des projets d’investissement et affecter les carnets de commande et l’activité des PME.

Les conséquences de la crise financière et bancaire vont encore aggraver la situation des PME françaises. En effet, le resserrement des conditions de crédit va les pénaliser directement. L’endettement constitue l’un des principauxmoyens de financement de l’activité des PME.Or,la remontée des taux interbancaires conduit les banques à reporter sur leurs clients les coûts supplémentaires,en remontant les taux d’intérêt, et le manque de liquidité provoque une plus grande sélectivité sur les prêts accordés,les premières touchées étant les PME.

Compte tenu de la crise qui touche le secteur productif, dont lesPME,leplandesoutiendusystèmefinancier est insuffisant pour relancer la croissance. Il doit s’accompagner d’un plan de soutien à l’activité économique, ce qui nécessite de complètement réécrire le budget pour 2009.

Michel Sapin,
Secrétaire national à l’Économie