Le PS en première ligne contre la privatisation de La Poste
Il faut se réjouir que la démarche de rassemblement née en réaction au projet de réforme du statut de La Poste ait abouti, le 18 septembre, à la signature d’un accord commun par les organisations syndicales et les partis politiques de gauche. C’est quasiment historique pour un combat de cette sorte et nous n’en sommes pas au premier !
Car ce projet de réforme fait peser de lourdes menaces sur l’existence même du service public postal. Certes, La Poste a besoin de moyens financiers, non pour acquérir des filiales étrangères, mais pour se moderniser face à la concurrence totalement ouverte en 2011 sur le marché du courrier. Cependant, sa privatisation même partielle, loin d’améliorer le service rendu aux usagers, le dégraderait davantage et le rendrait plus inégalitaire. Qui peut croire que des actionnaires privés consentiraient à financer les obligations du service public à la place de l’État défaillant ? La Poste verrait sa stratégie subordonnée à la rentabilité financière exigée sur le CAC 40. Des coupes claires s’abattraient sur les services insuffisamment rémunérateurs.
Sont ainsi menacés la présence des bureaux de poste dans les zones rurales et les quartiers populaires, la distribution du courrier six jours sur sept, partout et dans les mêmes délais, le prix unique du timbre, et l’accès des foyers les plus modestes à la Banque postale.
Fort de son vaste réseau de militants et d’élus, le PS doit être à l’avant-garde de cette mobilisation nationale dont la journée d’action du 23 septembre a donné le départ. Il doit être présent dans les débats locaux bientôt organisés dans le pays conjointement par les organisations syndicales et les formations politiques de gauche. Et, si nécessaire, il devra peser de tout son poids pour obtenir le recours au référendum, désormais prévu par la constitution.
Christian Martin, secrétaire national chargé de la fonction publique