Les propositions des socialistes
Découlant de la nouvelle déclaration de principes adoptée au printemps 2008, la ligne politique directrice, pour les socialistes, est la promotion d’un Etat préventif fondé sur une logique d’investissement social et écologique, qui consiste à préparer plutôt qu’à réparer, à armer les individus au plus tôt dans la vie pour permettre leur réussite et non pas laisser fonctionner les marchés pour ensuite indemniser les perdants. C’est passer d’un « État-providence infirmier » à un « État-providence investisseur » qui fait des politiques sociales un facteur de richesse future. Mais dans l’immédiat, et pour répondre à l’urgence, les socialistes formulent des propositions concrètes pour enrayer la crise française et, avec leurs partenaires européens, le dérèglement de l’économie mondiale.
Redonner de la compétitivité à notre économie
- Encourager l’investissement par une modulation de l’impôt sur les sociétés : elle devra favoriser les entreprises qui investissent ou distribuent une partie de leurs bénéfices à l’ensemble de leurs salariés et pénaliser celles qui les placent en réserve, rachètent leur propres actions ou octroient des dividendes aux actionnaires de façon inconsidérée ;
- Soutenir les PME-PMI innovantes par la création d’un fonds national de participation au capital de ces entreprises technologiques. L’épargne populaire,et notamment les 1 000milliards d’euros d’encours de l’assurance-vie souscrits par les Français, devra être orientée en direction de l’investissement productif via la création d’un livret d’épargne dédié à l’investissement dans les nouvelles technologies ;
- Nouer un contrat entre l’État et les collectivités locales pour le lancement d’infrastructures, essentielles au développement économique et à la solidarité entre les territoires,avec une prise en compte systématique de leur impact écologique.
Redonner du pouvoir d’achat aux Français
- Augmenter immédiatement de 5% les petites retraites ;
- Mettre en place une incitation fiscale pour faire baisser les prix des produits de première nécessité (céréales, produits laitiers, fruits et légumes) ;
- Conditionner les exonérations de cotisations sociales (près de 26 milliards d’euros aujourd’hui) à la conclusion d’accords salariaux et non pas à la négociation ou à l’ouverture, qui favorise les salariés modestes mais également moyens, ainsi que les jeunes et les seniors ;
- Relever la prime pour l’emploi (PPE) – qui va d’ailleurs être gelée dans le cadre du financement du RSA – de 50%, afin de favoriser principalement les 2,5 millions de salariés payés au SMIC qui exercent souvent des métiers pénibles (50% de l’hôtellerie-restauration est payée au SMIC) et n’ont pas bénéficié de coup de pouce cette année ;
- Mettre en oeuvre de manière effective le chèque transport et le généraliser à l’ensemble des salariés pour les aider dans leurs déplacements ;
- Lancer un plan massif d’économie d’énergie en direction des ménages, notamment dans les logements ;
- Doubler l’allocation de rentrée scolaire, afin de permettre aux ménages moyens et modestes de subvenir à cette dépense conséquente et essentielle à la réussite éducative de leurs enfants.
Préparer l’avenir
- Mobiliser des financements pour l’investissement dans l’éducation dès la petite enfance : programmation pluriannuelle des recrutements d’enseignants ; priorité d’affectation de moyens pédagogiques et de personnels dans les endroits prioritaires et mise en place d’une véritable aide individualisée pour tous les élèves sur le temps scolaire.
- Répondre aux nombreuxmaux de l’université, au premier rang desquels, l’important taux d’échec en premier cycle, les conditions de vie toujours plus difficiles des étudiants, le manque chronique demoyens, et la vétusté des sites.
- Reconnaître la recherche et les chercheurs comme des priorités à la fois nationale et européenne : revalorisation des rémunérations des chercheurs et notamment des jeunes chercheurs afin de leur donner de vraies perspectives et de les dissuader de départs massifs en dehors de nos frontières ; améliorer l’outil de travail à l’aide de dynamique franche et non de crédit d’impôt et de dépense fiscale et rapprocher organismes de recherche et universités, afin de conforter ou de créer les synergies indispensables.
- Redresser les finances publiques car on ne peut pas préparer l’avenir avec un endettement qui progresse chaque année, avec des charges d’intérêts qui représentent plus de 40milliards d’euros par an et risquent potentiellement de s’envoler du fait du renchérissement du coût de l’argent.
- Remise en cause des allègements fiscaux accordés aux plus favorisés de nos concitoyens.
Ariane Gil