Hugues Manouvrier

Tour opérateur

Entré en 1993 au Parti socialiste, Hugues Manouvrier, 43 ans, a rapidement gravi les échelons du militantisme. Secrétaire de la section de Chambéry en 1995, Premier fédéral de Savoie en 2000, il vient d’être élu au conseil municipal de Chambéry et vice-président de l’agglomération, chargé des équipements sportifs et de la relation associative. Pour ce Savoyard d’adoption, l’engagement était une nécessité. « Si je suis entré au PS, c’est surtout parce que j’ai connu le problème de la grande distribution de l’intérieur. J’y ai travaillé pendant dix ans, d’abord comme chef de rayon puis comme commercial. Et ce qui s’y passait avoisinait à beaucoup d’égards l’exploitation », explique Hugues Manouvrier.

Mais, au départ, rien ne le poussait à devenir un militant chevronné du tourisme associatif. Il y a quelques années, un recruteur le contacte pour devenir directeur commercial de la fédération RelaiSoleil Vacances, puis directeur général :« Le tourisme associatif appartient à l’économie sociale et solidaire. Je suis arrivé à un moment où ce secteur se posait des questions sur son avenir, et sur sa capacité à s’adapter aux nouveaux modes de consommation des Français. »
Rapidement, il adhère au principe d’un tourisme qui promeut les vacances pour tous. Il est ainsi passé d’un système pyramidal « purement capitalistique » à un fonctionnement collectif, où l’épanouissement et la créativité sont les clés de voûte du métier.
Toutefois, aujourd’hui, une certaine inquiétude le gagne. Depuis trois ans, l’État a cessé toute aide au secteur, et a bien du mal à financer ce qu’il avait promis, il y a cinq ans. «À une époque, il existait une sorte d’accord : on vous aide pour rénover et avoir des structures accueillantes et en contrepartie, vous pratiquez des tarifs abordables pour tous.
Aujourd’hui, on ne nous aide plus,mais on nous demande toujours demaintenir des tarifs relativement bas », déplore Hugues.
Contraint de quitter son poste de directeur général en raison de ses fonctions politiques, il n’abandonne toutefois pas son combat : « Je suis très inquiet pour l’avenir du tourisme associatif et j’essaierai de le défendre au maximum. RelaiSoleil, par exemple, envisage un rapprochement avec deux autres fédérations pour mutualiser les moyens. Mais si dans les cinq ans qui viennent, aucune aide n’est accordée, cette forme de tourisme va décroître. Et malheureusement l’aménagement du territoire, en termes d’attractivité, risque d’être complètement revu. » Et une belle idée avec.

Fanny Costes