Congrès de Reims : toutes les contributions à lire cet été!

Lors du Conseil national du 2 juillet,le Parti socialiste s’est officiellement mis en marche pour le congrès de Reims des 14,15 et 16 novembre prochains.Au total, 21 contributions générales et 277 thématiques ont été déposées.L’ordre de leur publication dans L’Hebdo des socialistes a été tiré au sort. Il ne leur reste plus qu’à être lues, étudiées, décryptées, comparées… durant l’été.


La prochaine étape est maintenant celle du dépôt des motions, le 23 septembre, à l’occasion d’un CN de synthèse.Voici d’ores et déjà les intitulés des textes généraux, qui constituent le tiré à part joint à cet hebdo et, à titre exceptionnel, la publication d’une contribution qui ne figurera pas dans ces cahiers spéciaux, celle d’un militant un peu à part, qui en a beaucoup vu, en a raconté dans des ouvrages passionnants et qui est aujourd’hui «invité d’honneur » de L’Hebdo des socialistes…
A. G.

Toutes les contributions générales et thématiques en ligne sur www.parti-socialiste.fr

Chaque chose en son temps

Ce court texte est la contribution d’un homme qui depuis le congrès fondateur d’Épinay en juin 1971 a occupé d’importantes responsabilités au Parti socialiste et qui ayant désormais renoncé à tout mandat n’en souhaite pas moins mettre son expérience au service du redressement et de la rénovation nécessaire de notre parti.

Celui-ci, c’est une évidence, traverse une période difficile. Ce n’est pas la première fois dans son histoire et de chaque crise il s’est toujours relevé.Donné par beaucoup de medias comme «moribond», il a encore fait la preuve aux élections municipales et cantonales de mars dernier de sa force et de sa vitalité. Il reste qu’ayant perdu successivement trois élections présidentielles (1995, 2002, 2007), il semble aujourd’hui voué à n’être qu’un parti d’opposition qui, malgré les combats qu’il mène au Parlement ou sur le terrain, n’est pas en mesure d’empêcher la droite au pouvoir d’appliquer sa politique de régression et de démantèlement de nos services publics et de nos acquis sociaux.
Je n’ai aucune vocation à jouer les anciens combattants. Je crois pourtant utile de relier à l’histoire les réflexions pour l’avenir.Comme je l’ai écrit dans mon dernier ouvrage, le pari d’Epinay reposait sur quatre piliers : une organisation, un projet, une stratégie, un leader.
Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais en dépit des changements considérables intervenus en France et dans lemonde depuis 1971, ces principes de base demeurent valables.

L’organisation. Elle existe. Elle a bien sûr besoin d’êtremodernisée, ce à quoi répondent en partie la nouvelle déclaration de principes et les nouveaux statuts qui viennent d’être approuvés. Mais le parti socialiste – dont il serait fort dommageable de vouloir changer le nom – est de loin la principale force de la gauche, celle sur qui repose la seule possibilité d’alternative politique.

Le projet. Le Parti socialiste ne manque pas d’idées ni de propositions. Les conventions thématiques qui se sont tenues ces derniers mois en ont fait la preuve. Ce travail doit naturellement être prolongé, complété, mis en forme avec un langage adapté aux temps présents. C’est là l’un des grands enjeux de notre Congrès de novembre.

La stratégie
. Celle d’Épinay était simple même si elle n’était pas sans risques : l’union de la gauche, c’est-à dire l’alliance entre le Parti socialiste et le Parti communiste avec l’appoint,faible mais utile, des radicaux de gauche.
Ce schéma n’a plus guère de sens aujourd’hui. Certes, le rassemblement de toute la gauche demeure primordial mais il resterait insuffisant pour conquérir une majorité. D’où la nécessité de l’ouvrir vers d’autres citoyens soucieux de progrès, ce qui ne signifie pas une négociation d’appareil avec un parti centriste lui-même incapable de se définir clairement.

Le leader. Les grandes heures du Parti socialiste ont été celles où il était dirigé par un leader qui pouvait être contesté mais qui avait l’autorité nécessaire pour s’imposer. Ce fut avant la guerre le cas de Léon Blum. C’était évidemment celui de François Mitterrand qui a conduit à deux reprises le PS à la victoire.Ce fut aussi,après lui, le cas de Lionel Jospin jusqu’à son dramatique échec du 21 avril 2002. Je n’oublie pas non plus que François Hollande a su, dans des circonstances difficiles, maintenir l’unité du Parti. Mais aujourd’hui se fait cruellement sentir l’absence d’un vrai leader jouissant de l’autorité nécessaire pour rassembler les socialistes et s’exprimer en leur nom. C’est cette absence qui laisse place à des compétitions de personnes attisées par les medias et entretient une cacophonie qui exaspère les militants.
On n’en sortira que par le retour, accepté par tous, au débat d’idées au terme duquel, avec le vote des adhérents, se dégagera démocratiquement celle ou celui qui portera la voix du parti. Sans que soit pour autant tranchée dès cette année la question de la candidature à l’élection présidentielle de 2012 qui devra elle même venir en son temps.
Mon voeu le plus cher est donc que les textes élaborés pour le congrès de Reims permettent véritablement ce débat d’idées en laissant au second plan les rivalités entre leurs différents signataires. Se réclamant des mêmes valeurs, ils ne sont pas, sur les questions fondamentales, si éloignés les uns des autres. Comme je suis d’un naturel optimiste, je veux croire qu’en fin de compte la raison l’emportera.

Claude Estier,Membre honoraire du Parlement Invité du Bureau national

Les 21 contributions générales

Donner une cohérence à la Gauche
et un espoir à la France
: François Hollande
Clarté, courage, créativité : choisir maintenant,
pour agir demain
: Bertrand Delanoë
Une vision pour espérer, une volonté pour transformer :
Martine Aubry
Debout la Gauche : Marc Dolez et forces militantes
Aux militants : Gaëtan Gorce
Socialistes, altermondialistes, écologistes : Utopia
Reconstruire à gauche : Laurent Fabius
Combattre et proposer : Ségolène Royal
Unité et refondation (s) : Frédéric Léveillé
Reconquêtes : Benoît Hamon et Henri Emmanuelli
Réussir ensemble le congrès du Parti socialiste :
Jean-Marc Ayrault

Besoin de gauche : Pierre Moscovici
La ligne Claire : le collectif « Pour la ligne claire »
Réinventer la gauche : Jean-Luc Melenchon et « trait
d’Union »
Pour un socialisme du XXIe siècle en France :
Pascal Jacquemin et des camarades de la fédération de
Meurthe-et-Moselle
Changer : Marie-Noëlle Lienemann
D’abord, redistribuer les richesses : Gérard Filoche
Brèves de campagnes : Marylise Lebranchu
Pour un socialisme écologique : Géraud Guibert
Urgence sociale : Pierre Larrouturou
Et si le parti restait socialiste ! : Jacques Fleury