L’internationale socialiste doit devenir une organisation permanente
L’Internationale socialiste (IS) tenait son XXIIIe Congrès à Athènes, du 30 juin au 2 juillet.Avec plus de 150 partis, l’organisation a une enverguremondiale unique. Mais lemanque demoyens et un fonctionnement réduit auminimum nuisent à l’impact de ses propositions. Explications avec Bernard Soulage, vice-président du comité économique de l’IS.
Quel est l’objet du XXIIIe Congrès de l’IS ?
Il s’agit tout d’abord de décider de l’affiliation de nouveaux partis à l’IS. C’est aussi l’occasion de désigner le président et les vice-présidents. Ces sont desmoments clés du Congrès. Ensuite nous débattons sur des grandes thématiques. Cette année, elles s’articulaient autour du thème général « Solidarité mondiale : Le courage de faire la différence ». À côté des débats sur la paix dans le monde ou les migrations, ce Congrès se distingue par la prise en compte des questions environnementales et écologiques.
À quoi aboutissent ces débats ?
Ils débouchent sur des résolutions qui, pour la plupart, sont excellentes. Mais elles ne sont pas assez suivies. C’est la première difficulté. Ils donnent également lieu à de vrais dialogues entre les forces politiques. Les deux discussions que nous avons eues sur Chypre et sur le conflit israélo-arabe sont très significatives de ce point de vue. Les partis socialistes grec et turc de Chypre appartiennent à l’IS et le deuxième jour, Ehud Barak et Mahmoud Abbas en personne se sont déplacés. Par ailleurs, l’IS commence à instaurer de vrais échanges avec les partis non membres de l’organisation, mais ayant une démarche progressiste. Il s’agit notamment du parti du Congrès en Inde et du parti démocrate aux États-Unis.
Pourquoi les résolutions adoptées n’ont-elles pas plus d’impact ?
L’IS a très peu de moyens. De plus, à part les conseils et les congrès, elle a un fonctionnement au rabais. Son impact dans les médias en est d’autant plus limité. L’IS a beaucoup demal à dialoguer avec les grands forums mondiaux sociaux ou les organisations syndicales. Ils sont pourtant proches de notre famille.Nous souhaitons donc un renforcement de cette structure. Car c’est la principale organisation politique mondiale. La meilleure visibilité du PSE en Europe montre que ce qui a été fait au sein du parti européen peut aussi se faire à l’IS. Il faudrait penser à une coalition globale entre l’IS, les fédérations syndicales et les grandes ONG qui le souhaiteraient, pour faire avancer la gouvernance mondiale. L’IS doit devenir une organisation permanente, et pas seulement le lieu de quelques conseils et congrès.
Propos recueillis par Fanny Costes