Non à l’instauration d’un État minimal
Quel État, quels services publics et quelle fonction publique voulons-nous ?
La politique du gouvernement nous renvoie à ces questions, centrales pour les socialistes. En effet, au travers du processus de réforme, opaque, incohérent et désordonné auquel nous assistons aujourd’hui avec la revue générale des politiques publiques (RGPP), il veut rompre avec le modèle républicain à la française et installer un État minimal, celui des libéraux.
Au nom de nos concitoyens, nous ne pouvons accepter ni la dégradation du service,ni les inégalités d’accès qui se développent, ni la régulation par l’argent des biens rares ou collectifs. Nous refusons de changer de modèle, comme le veut le gouvernement avec l’affaiblissement de l’État et des services publics, la privatisation rampante et la remise en cause des principes fondamentaux de la fonction publique.
Pour nous, l’État est avant tout au service des citoyens et de la collectivité. La puissance publique doit assurer un service public de qualité,garantir des règles communes pour protéger les plus faibles – qu’il s’agisse des individus ou des territoires – et l’accès de tous aux biens rares ainsi qu’un État impartial.
Certes, la répartition des compétences entre l’État et les collectivités locales doit être clarifiée.Nos services publics doivent aussi s’adapter aux besoins d’aujourd’hui. Nous devons en redéfinir le champ : toutes les activités qui doivent échapper à la marchandisation des rapports sociaux doivent être regardées comme des services publics.
Pour réussir, la réforme de l’État doit : – être précédée d’un débat avec les citoyens et d’un dialogue avec les agents ; – s’appuyer sur une véritable évaluation des politiques publiques ; – garantir une fonction publique de qualité pour répondre aux besoins et assurer l’égalité d’accès des usagers.
Clotilde Valter,
Secrétaire nationale en charge de la formation professionnelle