Économie locale : Castelnaudary résiste à la crise

Entreprises sur le départ, destructurations répétées, plans de sauvegarde pour l’emploi…Lamunicipalité de Castelnaudary a dû jouer des coudes pour préserver l’activité économique locale et apporter des réponses à la crise qui secoue le territoire depuis plus de vingt ans.

Castèlnòu d’Arri, l’Occitane, a longtemps été le berceau du catharisme. Tout aussi connue pour son cassoulet et son Grand Bassin situé sur le Canal duMidi, lamunicipalité de l’Aude a été frappée de plein fouet, en 2003, par la fermeture de l’entreprise Rouleau Guichard et la disparition de 95 emplois. Depuis, le maire (PS) Patrick Maugard et son équipe ont multiplié les efforts pour faire face à la quasi-disparition de l’industrie textile qui a entraîné le départ de 750 salariés au cours des vingt dernières années.

Réponses

Deux dispositifs ont été élaborés. Le premier, le Plan de sauvegarde des emplois (PSE), s’inscrit dans un cadre réglementaire pour réinsérer les victimes de licenciements et veiller à la création d’une cellule de reclassement vouée à soutenir les anciennes employées dans leur travail de reconversion. Ce PSE a été négocié par les syndicats, les représentants de l’entreprise et la Direction départementale du travail,de l’emploi et de la formation professionnelle (DDTEFP). Le second, initié par la municipalité, s’est fixé pour objectif de fournir des réponses à la crise. En concertation avec les acteurs locaux,l’exécutif socialiste a créé un Comité de pilotage chargé de veiller à la revitalisation du Bassin Lauragais. Ce, afin de suivre des initiatives visant à redynamiser le tissu économique.

Partenariat

Ces actions ont été programmées dans le cadre d’une convention signée, en novembre 2003, par lamairie, la communauté de communes de Castelnaudary et du Bassin Lauragais, la Chambre de commerce et d’industrie, le Conseil général de l’Aude, la Région Languedoc-Roussillon et la préfecture de l’Aude. Elles ont été regroupées autour de quatre axes : un « audit-diagnostic » économique de la communauté de communes pour d’identifier les forces et faiblesses du territoire. Une opération suivie par la mise sur pied d’une pépinière d’entreprises. Trois ans après son lancement, elle accueille sept établissements et propose des actions d’animation et de communication ciblées à l’intention des créateurs. Troisième priorité :le confortement de la plate-forme d’initiatives locales qui, depuis 2004, octroie des prêts d’honneur aux nouveaux entrepreneurs. Quatrième axe :la création de zones d’activités économiques. Avec, en prime, la réalisation, dès 2009, du premier Parc régional d’activités économique du Languedoc- Roussillon sur 130 hectares. Conséquence d’une politique partenariale et de la volonté de lamunicipalité de faire face aux coups durs. Après l’opération de concentrationmenée en 2005 par une multinationale spécialisée dans les produits biologiques qui a abouti à la fermeture du site de Castelnaudary, les élus ont ainsi contraint l’entreprise à renflouer les fonds de la plate-forme d’initiative locale et à soutenir la création d’une PME lancée par trois salariés licenciés. Quand fermeté rime avec efficacité.

Bruno Tranchant