Assemblée générale des parlementaires : «Une opposition qui vous sert »

Les parlementaires socialistes se sont donné rendez-vous le lundi 23 juin au Grand Rex à Paris. Députés, sénateurs et députés européens ont rendu compte d’une année demandat et des prochaines batailles que l’opposition devramener.Un dialogue continu durant lequel les élus ont débattu avec de nombreux représentants de la société civile,notamment des délégués syndicaux et des responsables associatifs.Un événement pour présenter le bilan et les objectifs d’une gauche qui veut concilier « solidarité et performance, convictions et résultats ».

Ambiance studieuse au Grand Rex à l’heure du bilan et des objectifs de l’opposition

Aux antipodes des réunions politiques habituelles, l’Assemblée générale des parlementaires s’est voulue résolument tournée vers l’avenir. Exit le traditionnel «Monsieur Loyal », et autres discours interminables ! Pour présenter le bilanet les objectifs de l’opposition,ce sont les parlementaires eux-mêmes qui s’y sont collés. L’ensemble de l’événement s’est déroulé dans un climat de dialogue. La sénatrice Bariza Khiari et le jeune député Olivier Dussopt ont invité leurs collègues et leurs partenaires de la vie civile à intervenir sur scène.Pour ne pas perdre le rythme,chaque séquence était ponctuée de films courts,des flashes sur les différentes prises de parole des parlementaires dans leur hémicycle respectif. Une ambiance studieuse qui a réuni plus de 1 300 personnes au Grand Rex,mythique cinéma parisien.

Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Bel et Bernard Poignant : « Préparer l’avenir »

La séance de travail s’est ouverte par un retour sur un an de travail parlementaire. Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault a conclu la première partie de l’Assemblée générale en ces termes : « Nous voulons rappeler que nous ne sommes pas seulement une opposition, mais aussi l’alternative. Et que cette alternative, nous voulons la construire avec d’autres.Nous voulons faire écho à ce qui se pense, s’invente, se crée demieux dans la société d’aujourd’hui. C’est le sens de l’invitation que nous avons adressée aux représentants de la société civile et qui nous font l’honneur de leur présence. Nous voulons nous appuyer sur leurs expertises pour combattre les projets gouvernementaux chaque fois que cela est nécessaire et préparer l’avenir. Nous voulons une opposition utile.Une opposition qui sert. »

La seconde séquence sur le pouvoir d’achat et le dévoilement du plan d’austérité a été conclue par le président du groupe socialiste au Sénat, Jean- Pierre Bel. Il est revenu sur l’action des socialistes sur ce point : « Députés et sénateurs socialistes ont ainsimis au centre de leur combat parlementaire la question du pouvoir d’achat.» Énumérant les exemples de leurs actions concrètes, le sénateur socialiste a notamment pointé la réglementation des tarifs du gaz : « Dès le 25 septembre 2007, anticipant le bouleversement des données économiques fondamentales, à savoir la flambée sans précédent du cours de l’énergie, les sénateurs socialistes ont déposé une proposition de loi tendant à préserver le pouvoir d’achat des ménages enmaintenant les tarifs réglementés de vente d’électricité et de gaz naturel. » Enfin,pour clore le dialogue sur la présidence française de l’Union européenne, le président de la délégation socialiste française au Parlement européen, Bernard Poignant,a appelé la direction à préparer dès maintenant les élections européennes de 2009: « Nous sortons d’une période de discorde. Nous devons aborder les élections européennes avec le plus de cohérence possible. »

Dialogue entre élus socialistes et représentants de la société civile

Cet échange fertile souligne la volonté de ne pas technocratiser les décisions politiques, mais au contraire de prendre en compte tous les acteurs de la société. Ainsi, lors du débat sur les questions liées à la santé, se sont entretenus avec les élus, Fabien Quedeville, responsable du syndicat des jeunes médecins généralistes, ou encore Christian Lehmann, le médecin à l’origine de l’appel contre les franchises. La député Marisol Touraine a conclu ces discussions.

Sur la question du pouvoir d’achat, Aline Levron, délégué syndicale CFDT, a fait une intervention remarquée sur les conditions de travail des caissières, qui cumulent revenus modiques et temps partiel subi.

Conclusion du Premier secrétaire : « Donner corps à une nouvelle politique»

François Hollande a conclu l’Assemblée générale en analysant, entre autres, les conditions d’une opposition utile : la capacité à dénoncer les politiques injustes, celle d’alerter l’opinion, et enfin la capacité de la gauche à émettre des propositions : « Au bout d’un an, la France est un pays qui s’est déjà détourné de ceux qui le dirigent. C’est grave, car il y a un doute profond sur le sens même de la politique. Mon propos est grave, parce qu’il est rare de voir l’impopularité s’ériger ainsi au sommet de l’État après seulement un an. Mon propos est grave, parce qu’il y a aujourd’hui un contexte international lourd, une crise européenne qui empêche effectivement que puissent être décidées à cette échelle-là les décisions pour autant nécessaires.

Mon propos est grave parce qu’il y a une obstination de la majorité à poursuivre une politique qui échoue. (…) Nous avons comme opposition fait notre travail. Nous avons contesté ce qu’il fallait. Nous avons alerté. Nous avons proposé. Mais il y a encore beaucoup plus à faire. Il y a à donner corps à une nouvelle politique. Il y a à donner un visage à celui ou à celle qui portera l’espérance. Et il y a tout simplement un projet à proposer pour le pays. »