Visite de François Hollande au Liban
François Hollande s’est rendu au Liban le 7 juin, à l’invitation de Nicolas Sarkozy et aux côtés des autres responsables politiques de l’opposition.D’abord pour apporter concrètement le soutien du PS au peuple libanais,mais aussi avec la volonté de discuter avec les dirigeants du Parti socialiste progressiste (PSP), parti membre de l’Internationale socialiste (IS), qui sont engagés dans ce processus difficile.
L’accord de Doha, entre les diverses forces politiques libanaises, conclu sous l’égide du Qatar et de la Ligue arabe le 21mai 2008, a permis l’élection les jours suivants du président de la République, Michel Sleimane, et de mettre un terme momentané à une crise qui risquait de se transformer en guerre civile.
Sans être définitivement conjuré, le risque de conflit intercommunautaire au Liban est néanmoins provisoirement repoussé. Tous les efforts doivent désormais tendre à l’application de l’accord de Doha, dans toute sa complexité. L’entretien que Joseph Bahout a accordé à L’Hebdo des socialistes (n°491, samedi 31 mai 2008) fournit aux militants du PS les outils pour comprendre les enjeux de cette phase particulièrement délicate.
C’est dans ce contexte que le Premier Secrétaire du PS a été convié, avec les autres responsables des principaux partis politiques français, à un déplacement du président Sarkozy au Liban, afin d’appuyer une solution pacifique qui associe tous les acteurs de la vie politique libanaise. En lien avec ses homologues de l’opposition, François Hollande a accepté de se rendre au Liban pour apporter concrètement le soutien du PS au peuple libanais,mais aussi avec la volonté de discuter avec les dirigeants du Parti socialiste progressiste (PSP), parti membre de l’Internationale socialiste (IS), qui sont engagés dans ce processus difficile.
En effet, se pose maintenant la question de la constitution d’un gouvernement d’union nationale de 30 membres intégrant des représentants de l’opposition parlementaire d’hier, en particulier du Hezbollah. Après la démonstration de force du Hezbollah début mai, acculant jusqu’au fond de leurs bases les différents mouvements et partis de la majorité parlementaire, la confiance n’est pas aisée à rétablir entre tous. Entre la prééminence militaire de fait du Hezbollah, le traumatisme créé par les évènements du début mai au sein de la population et la volonté de réarmement de certains mouvements, le nouveau président libanais Michel Sleimane doit tenter d’asseoir l’autorité des institutions civiles et militaires libanaises et mettre en oeuvre Doha.
Le conflit libanais s’éclaire aussi par le contexte régional. Le PSP est très inquiet des inflexions récentes de la diplomatie française en direction de la Syrie. Un hypothétique succès au Sommet des États riverains de la Méditerranée le 13 juillet prochain à Paris, avec la présence du président syrien Bachar El Assad,ne doit pas faire oublier l’exigence de vérité sur les nombreux attentats perpétrés par les services syriens et leurs affidés contre des journalistes, hommes de culture et responsables politiques libanais toutes ces dernières années.
Maurice Braud