Philip Cordery – L’Europe chevillée au corps

Une double appartenance – française et anglaise – et un parcours exemplaire mené tambours battant entre Paris et Bruxelles. La vie de Philip Cordery ressemble à une longue transhumance qui a forgé peu à peu son caractère. De nationalité anglaise, son père débarque en France, au début des années 60, avant la naissance, en 1966, de son fils, et s’installe dans le Centre où il vit toujours.

Dix-huit ans plus tard, le jeune Philip obtient une maîtrise de langues étrangères appliquées, à la Faculté de Nanterre. Le début d’une brillante aventure, ponctuée par une participation active aumouvement étudiant de 1986, et un engagement militant sans faille,marqué par la création de la section MJS du XVIIe arrondissement, dont il devient l’animateur en titre, en 1989.

L’aventure se poursuit au siège du Parti, rue de Solférino, où sa parfaite connaissance de la langue de Shakespeare le conduit tout droit au Bureau des jeunes de l’Internationale socialiste. Peu de temps après, le voici au cabinet d’Henri Emmanuelli, à l’Assemblée. Le temps pour lui de prendre part à la naissance d’ECOSY, l’Organisation de la jeunesse socialiste de la communauté européenne (European community organisation of socialist youth), en novembre 1992, dont il sera bientôt le premier Secrétaire général, jusqu’en 1997.

Ces cinq années passées à Bruxelles se révèleront des plus précieuses pour la suite de sa jeune carrière. Au terme de son second mandat, il rejoint Paris, à la demande de Pierre Guidoni et d’Henri Nallet qui lui confient les clés de la direction du secrétariat international du Parti où se croisent des bénévoles dévoués à la cause socialiste. Il est alors chargé de gérer cette petite équipe, entre 1998 et 2004. Une activité dans laquelle il s’épanouit avant que les évènements ne se bousculent.

Le 23 avril 2004, les parlementaires européens, réunis à Bruxelles, procèdent à l’élection de Poul Nyrup Rasmussen, partisan d’un PSE « transnational », par 163 voix contre 157 à l’Italien Giuliano Amato, luimême favorable au regroupement de partis nationaux. L’influence conjointe de Philip, futur Secrétaire général du groupe PSE, et de François Hollande ne sera pas étrangère à la victoire du projet porté par Rasmussen. Manière pour l’exétudiant en droit se s’investir un peu plus encore au sein de la Commission et de faire de ce parti un acteur-clé de la vie politique européenne, en invitant lesmilitants à rejoindre une famille qui n’a plus grand-chose à voir avec les cercles diplomatiques d’autrefois. Le changement est en marche. Une nouvelle Constitution en découlera. Affaire de volonté…

Bruno Tranchant