Grenoble : une ville éco-exemplaire
La Biennale de Grenoble (22mai-19 juin) vise à promouvoir un habitat durable adapté au territoire alpin. Au travers d’expositions et de rencontres, elle entend favoriser les échanges transfrontaliers, en incitant les acteurs de la construction à prendre en compte le développement durable dans leurs activités.
Concilier innovation et respect de l’environnement. C’est le pari que s’est fixé la ville de Grenoble, à l’occasion de la Biennale de l’habitat durable qui ouvrira ses portes, le 22 mai prochain. Le défi est audacieux, d’autant qu’à l’horizon 2050, 80 % de la population mondiale résidera en milieu urbain, contre 50 % aujourd’hui. « Le développement des villes est de ce point de vue une question cruciale, précise Michel Destot, députémaire du chef-lieu de l’Isère. Comment vont-elles assurer un logement décent à chacun ? Comment vont-elles résoudre les questions d’emploi, d’économie, de transport, de solidarité, de ressources énergétiques,de qualité de vie, d’écologie ? »
Solutions durables
L’avenir, affirme-t-il, se conjugue avec la « réorganisation des accès automobiles, l’irrigation du coeur de ville par des modes de déplacement doux, la systématisation d’une architecture économe en énergie, le recours à des ressources énergétiques propres… ». L’enjeu de la Biennale : sensibiliser l’opinion aux enjeux environnementaux, en défrichant, exemples à l’appui, les solutions durables de demain.
Berceau de l’hydroélectricité et de l’industrie de pointe, Grenoble peut compter sur la présence de 700 chercheurs – répartis entre le CEA, le CNRS, le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et le pôle universitaire -, 900 étudiants et 10 000 salariés de l’industrie. Plutôt flatteur pour une métropole qui a fait des nouvelles technologies une spécialité maison. Sans parler du pôle de compétitivité Tenerrdis, labellisé en 2005, et qui s’emploie, depuis plusieurs années, à traiter la transformation des énergies renouvelables et leur utilisation dans les domaines du bâtiment et du transport. Ou bien encore Smart-Electricity, qui compte parmi les onze projets labellisés du pôlemondial de compétitivité Minalogic dont l’objet est d’intégrer les nanotechnologies aux équipements de distribution électrique. Enfin, le CSTB intervient dans la construction de bâtiments à Haute qualité environnementale (HQE), en vue d’optimiser les économies d’énergie dans les matériaux, l’isolation, la ventilation, le photovoltaïque et l’amélioration des systèmes de chauffage.
« Révolution constructive »
Autant d’atouts qui valent à MichelDestot et son équipe de concilier action économique et préservation des richesses naturelles. La Biennalemarque une rupture avec le passé, grâce à une « révolution constructive » qui transite par une réhabilitation du bâti existant, la présentation de pavillons éco-responsables, la systématisation des panneaux solaires ou bien encore lamise en place de terrasses végétalisées… Expositions thématiques, espace de jeux dédié au développement durable, présentation d’un éco-quartier en centre-ville, rencontres et conférences alimenteront, un mois durant, ces journées pour permettre aux visiteurs d’entrevoir ce que l’avenir nous réserve.
Bruno Tranchant