Florence Marty : Une élue de première classe

«Le gouvernement est en train de focaliser l’attention sur des problèmes qui détournent l’Éducation nationale de ses finalités ».

Et Florence Marty sait de quoi elle parle : institutrice dans le Cantal depuis 1979, aujourd’hui directrice d’une école de 11 classes, son regard sur l’éducation ne se veut pas tendre mais objectif. Alors, lorsque le ministre Darcos essaie d’imposer une concurrence entre l’école publique et les institutions privées, elle n’hésite pas à descendre dans la rue pour faire entendre sa voix. Cette attitude engagée est d’ailleurs le moteur de son implication syndicale, associative, et depuis peu, politique.

Si aujourd’hui, cette militante forcenée avoue qu’elle a dû faire un choix, celui d’être instit’ à mi-temps dés la rentrée prochaine, elle le confie avec une pointe d’amertume. Depuis des années, Florence Marty forme les jeunes professeurs et a donc fait de la pédagogie son principal cheval de bataille. Elle qui n’hésite pas à déclarer que l’engagement politique est « un antidote aux dérives nombrilistes du milieu enseignant » veut porter l’idée que « l’école doit être réformée, et que cette transformation passera aussi par le développement d’outils pour trouver des fonctionnements prenant en compte les difficultés de tous les enfants ».

Pour l’heure, Florence Marty tient à assumer totalement ses fonctions électives. Première secrétaire fédérale du Cantal, elle sait que chaque décision suppose une véritable remise en question, une clarté dans ses choix qui ne peut souffrir un investissement à temps partiel. Elle raconte aussi avec fierté que son élection au conseil général a multiplié par deux le nombre de femmes dans l’assemblée (2 sièges sur 27) : « La route de la parité dans le Cantal est à l’image des routes du département : elle a besoin d’un grand désenclavement ».

Cet enclavement, elle en connaît tous les aspects. Pas seulement sur le plan politique,mais dans tous les gestes de la vie quotidienne des Cantalous. Plus de 70% des classes de primaires sont dites mixtes, et regroupent des enfants de plusieurs niveaux.Le département pourtant attractif du fait de la qualité de vie qu’il offre se dépeuple inexorablement. « Nous subissons de plein fouet les attaques contre nos services publics, et force est de constater que cela contribue à la désertification de notre territoire ». Un dossier dont l’élue fait sa priorité.

Ariane Vincent