Un an après, le désir de rupture
Il y a un an, le candidat Nicolas Sarkozy était élu sur le thème de la rupture. Il promettait d’être le président du pouvoir d’achat. Ensemble, tout devenait possible !
Un an après, tout devient difficile d’abord pour la France qui traverse une période de turbulences économiques. Pour les Français avec un pouvoir d’achat rogné par l’inflation et une protection sociale entamée par les franchises médicales et la détérioration des niveaux des pensions. Enfin, pour le pouvoir lui-même qui connaît une impopularité historique.
Nicolas Sarkozy peine à définir le sens de sa politique qui est pourtant très simple : rompre avec la solidarité acquise. Il l’a encore prouvé avec le financement du RSA par des économies sur la Prime pour l’emploi (PPE). Comme pour les franchises médicales où les malades paient pour d’autres malades, ce sont les smicards qui vont payer la réinsertion.
Ce que Nicolas Sarkozy considère comme des erreurs de communication est en fait une faute de stratégie politique. C’est une politique économique qui ne marche pas. Une politique sociale qui creuse les inégalités et une politique extérieure qui contredit par les actes les discours qu’elle prononce. C’est ce tête-à-queue permanent que les Français ont sanctionné lors des élections municipales et cantonales.
Le Parti socialiste s’est opposé à cette politique en dénonçant très tôt le paquet fiscal octroyé dès l’été 2007 aux plus favorisés, les franchises médicales, la purge dans la fonction publique, particulièrement dans l’Éduction nationale, l’absence de politique en faveur du logement social, ainsi que la conception même de la fonction présidentielle de Nicolas Sarkozy. Il a inlassablement porté des propositions pour soutenir le pouvoir d’achat (doublement de la prime de rentrée scolaire, augmentation de 50% de la PPE, baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, mise en place du chèque transport, conférence sur les salaires ainsi que notre proposition de loi sur le logement social). Et en un an, le besoin d’une alternative crédible et sérieuse a vu le jour. C’est ce qu’aura paradoxalement réussi Nicolas Sarkozy : donner déjà l’envie de changer, de faire surgir le désir de rupture. Cette fois-ci, à ses dépens.
François HOLLANDE