Préservons mais adaptons la PAC

Depuis plusieurs mois, les cours des céréales et du lait ont augmenté de façon significative. Le temps des excédents et de la surproduction agricole serait-il révolu ? À en croire de nombreux experts, et compte tenu de l’augmentation de la population mondiale, il y a fort à parier que l’agriculture deviendra stratégique.

Dans ce contexte, la France et l’Europe doivent se préparer à ces nouveaux enjeux et s’affirmer dans les négociations internationales menées au sein de l’Organisation mondiale du commerce. Le maintien d’une politique agricole européenne doit rester une priorité pour notre continent, qui devra sauvegarder son indépendance alimentaire. Les velléités de certains pays anglo-saxons ouvertement libéraux qui souhaiteraient mettre un terme à la PAC doivent êtres combattues. De même, Nicolas Sarkozy, peu attaché au milieu rural, et malgré des discours prometteurs au Salon de l’agriculture et devant le congrès de la FNSEA début avril, pourrait être tenté de « lâcher » l’agriculture. Cette année, les modalités de mise en œuvre de la PAC seront rediscutées au niveau européen. Des propositions ont déjà été faites par la Commission européenne, et consistent pour certaines à abandonner un peu trop vite certains principes essentiels de gestion de l’offre (quotas laitiers, jachère…). Une telle orientation très libérale de la PAC ne saurait satisfaire le Parti socialiste, très attaché au développement rural et à l’équilibre des territoires. Pour les socialistes, il est primordial de mieux répartir les aides, de privilégier la qualité des produits, de placer la protection de l’environnement au cœur du dispositif de soutien, de soutenir l’emploi agricole. Définissons un projet cohérent pour notre politique agricole, en espérant que les discussions qui s’annoncent ne se résument pas à des questions de budget. La PAC est la seule politique intégrée de l’Union européenne. Adaptons-la, mais, surtout, préservons-la.

Germinal Peiro, Secrétaire national à l’agriculture