La vérité sur le plan de rigueur, par Michel Sapin

L’Insee a levé le voile sur l’état et les perspectives de notre économie et de nos finances publiques :

• la croissance a ralenti en 2007 (– 0,1% du PIB). Elle s’effondrera en 2008 :avec 1,5%,on est loin des 2,25% annoncés par le gouvernement ;

•le déficit public dérape : –2,7% du PIB en 2007 et sans doute – 3% en 2008, alors que le gouvernement promettait de le réduire (2,4%en 2007 et 2,3%en 2008) ;

• la dette se creuse : en hausse de 60 milliards en à peine un an,elle repasse la barre de 64% du PIB. Pour le gouvernement, c’est une véritable « douche froide ».

Pourtant, ces dérapages étaient prévisibles, puisque la droite n’a pas réussi à réduire les déficits sociaux et a accéléré son désengagement financier à l’égard de collectivités territoriales aux comptes déjà fragilisés par les transferts de compétences.

Mais le pire est à venir. En 2008, il manquera plus de 20 milliards d’euros pour boucler le budget : 10 milliards de recettes en moins du fait de la faiblesse de la croissance, 9 milliards liés au paquet fiscal et 7 milliards de promesses électorales non financées. Pour payer la facture, le gouvernement concocte un vaste plan de rigueur avec, dans un premier temps, un « tour de vis budgétaire », puis une hausse des prélèvements pesant sur les ménages. Ses principales dispositions sont déjà prêtes : annulation de 7 milliards d’euros de crédits, suppressions massives d’emplois publics (155 000 d’ici 2012), baisse des dotations en direction des collectivités territoriales, hausse de la CRDS. Et, comme c’est insuffisant, la hausse de la TVA et de la CSG est à terme inévitable.

Pourtant, la rigueur n’est pas une fatalité mais un choix! C’est pourquoi nous demandons l’annulation du paquet fiscal pour dégager les marges de manoeuvre nécessaires à la restauration du pouvoir d’achat, de la compétitivité de nos entreprises et de nos finances publiques.

Michel Sapin,
Secrétaire national
chargé de l’économie